Quel herbicide avant le ray-grass?

Le problème est simple : on veut désherber en pré ou post-émergence dans le maïs, mais sans que l’effet résiduel de l’herbicide ne nuise à la germination du ray-grass qui sera semé en intercalaire un mois plus tard, entre les stades cinq à sept feuilles. Comment y arriver?

À ce jour, aucun herbicide n’est homologué pour cette tâche pour le moins inusitée. Toutefois, l’expérience semble démontrer qu’Integrity, un produit de BASF, se prête bien au jeu.

L'agronome Jean-François Foley. PHOTO : André Dumont

L’agronome Jean-François Foley. PHOTO : André Dumont

Integrity est un mélange d’Eragon et Frontier, ce dernier étant un antigraminée. D’après Jean-François Foley, agronome spécialiste au développement technique chez BASF, l’effet résiduel d’Integrity peut durer un bon huit semaines. Il s’avère toutefois qu’un mois après son application, il n’a aucun effet sur le ray-grass, qui est pourtant une graminée.

« Cet usage ne figure pas sur l’étiquette du produit, alors on ne peut pas le recommander, affirme Jean-François Foley. Cependant, les résultats préliminaires de nos essais démontrent qu’Integrity ne provoque pas de dommage sur le ray-grass semé entre les rangs de maïs. »

Cette année, BASF a mené des essais d’application d’Integrity autour de la période de semis du maïs, suivi de semis de ray-grass en intercalaire environ un mois plus tard, chez trois producteurs québécois, en Montérégie-Ouest (Saint-Édouard-de-Napierville), dans les Basses-Laurentides (Saint-Hermas) et dans Lanaudière (Saint-Paul).

Les résultats sont tous positifs : « Integrity permet au maïs de pousser sans compétition de mauvaises herbes jusqu’au stade sept à huit feuilles, mais si on sème du ray-grass, il pousse quand même », rapporte Jean-François Foley.

Les essais chez des producteurs se poursuivront en 2014. S’y rajouteront des essais réalisés par des universitaires en Ontario. « BASF y met des ressources en recherche et développement, dit Jean-François Foley. Le but, c’est d’arriver à mettre à jour l’étiquette. »

« Pour une première fois, un herbicide sera homologué pour laisser passer une mauvaise herbe, ou plutôt, une “bonne herbe”. Je ne sais pas comment ce sera formulé sur l’étiquette, mais c’est faisable. »

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