Réactions très contrastées au plan Bush de lutte contre l’effet de serre

France, 15 février 2002 – L’Australie semble bien isolée, qui a salué le plan Bush comme alternative au protocole de Kyoto. « Les Américains ont pris au sérieux le besoin d’une solution de rechange et de ne pas seulement dire non au protocole de Kyoto, et je m’en félicite », a indiqué le Premier ministre conservateur, John Howard. L’Australie, qui avait déjà refusé de ratifier le protocole de Kyoto sans les Etats-Unis, campe sur ses positions. En revanche, au Japon, où le protocole de Kyoto a été conclu en 1997, la situation est plus nuancée. « Le gouvernement du Japon apprécie l’annonce du gouvernement des Etats-Unis […] comme une démonstration d’une intention sérieuse d’affronter le problème du réchauffement climatique », a estimé Yoriko Kawaguchi, la ministre des Affaires étrangères. Tout en ajoutant que Tokyo continuait de préférer une ratification du protocole de Kyoto sur laquelle 160 pays se sont mis d’accord en novembre.

Quant au réseau écologiste international WWF, il qualifie les propositions de George W. Bush pour lutter contre le réchauffement climatique de « réponse affligeante et inadéquate au problème ». « Des entreprises américaines sont déjà engagées dans des réductions d’émissions bien plus radicales que celles attendues du plan Bush », analyse le WWF. Enfin, pour Margot Wallström, le Commissaire européen à l’Environnement, le programme présenté par George W. Bush permettra une augmentation significative des émissions de gaz à effet de serre. « Il semble que les propositions du président Bush ne vont pas conduire à une réduction des émissions de gaz à effet de serre mais en permettront une augmentation significative », a-t–elle déploré ce vendredi.

Le plan, tel que présenté jeudi par le président américain, prévoit de « ralentir », puis de « stopper » les émissions de gaz à effet de serre produits principalement par la combustion d’énergie fossile. George W. Bush prévoit de ramener les émissions de 183 tonnes par million de dollars de produit intérieur brut aujourd’hui, à 151 tonnes en 2012. Si l’économie croît de 3%, les émissions des usines de production électriques ne devront progresser que de 1%.

Pour encourager les industriels à utiliser des énergies moins productrices de gaz carbonique, passant par exemple du charbon au gaz ou en utilisant des sources d’énergies renouvelables, Bush a annoncé des incitations fiscales de 4,6 milliards de dollars sur cinq ans. Mais pas question de pénalité ou de sanction. On les « encourage » à s’inscrire sur un registre national des émissions. Ils pourront par la suite s’échanger entre eux des crédits d’émissions entre ceux qui auront réalisé les efforts nécessaires et ceux qui souhaiteront acheter des droits à polluer. Le budget 2003 contiendra également quelque 4,5 milliards de crédits pour toute une série d’activités liées au climat, soit une augmentation de 700 millions de dollars par rapport à 2002. Il est également prévu d’aider les agriculteurs à planter des arbres et d’inciter les particuliers à acheter des véhicules hybrides moins polluants.

Source : Les Échos

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fonds mondial pour la nature (WWF)

http://www.wwfcanada.org/

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