Recettes monétaires agricoles en 2004

Ottawa (Ontario), 24 février 2005 – L’accroissement des recettes tirées des cultures et des porcs a entraîné les recettes monétaires agricoles à la hausse pour la première fois en trois ans en 2004. Au total, les agriculteurs ont touché 36,8 milliards de dollars des recettes tirées du bétail, des cultures et des paiements de programme, en hausse de 7,5 % par rapport à 2003.

Le total des recettes monétaires agricoles en 2004 a dépassé d’environ 450 millions de dollars le sommet précédent de 36,3 milliards de dollars atteint en 2001. Toutefois, des facteurs entièrement différents expliquent ces deux sommets.

En 2001, les principaux moteurs de la croissance étaient les recettes tirées du bétail, qui s’étaient accrues grâce à la vigueur des marchés des bovins et des porcs, et les paiements de programme. Les recettes tirées des cultures n’avaient augmenté que légèrement alors que la production avait été frappée par de mauvaises conditions climatiques.

Toutefois, en 2004, ce sont les recettes tirées des cultures qui ont surtout contribué à la croissance, ayant augmenté de 11,4 % pour atteindre 14,7 milliards de dollars, et ainsi dépasser le sommet précédent atteint deux ans plus tôt. Ce montant était de 8,6 % supérieur à la moyenne quinquennale précédente de 1999 à 2003.

Les recettes tirées du bétail ont augmenté de 6,3 % pour se fixer à 17,2 milliards de dollars en 2004, ayant à peine dépassé la moyenne quinquennale précédente de 17,1 milliards de dollars. Les recettes des producteurs de porcs ont atteint un sommet, alors que les recettes tirées des bovins et des veaux ont régressé pour se situer à leur plus bas niveau depuis 1996, étant donné la persistance des problèmes de l’industrie liés à l’ESB.

Les agriculteurs ont tiré 4,9 milliards de dollars des paiements de programme en 2004, en hausse de 37 millions de dollars par rapport au sommet précédent de 2003.

Les recettes monétaires agricoles constituent une mesure du revenu brut des entreprises agricoles. Elles ne tiennent pas compte des dépenses engagées par les agriculteurs. Les recettes monétaires agricoles peuvent varier considérablement d’une exploitation agricole à l’autre en raison de plusieurs facteurs, dont les élevages et les cultures, les prix et les conditions climatiques. En outre, les effets de la fermeture de la frontière américaine aux bovins et au boeuf canadiens le 20 mai 2003 continueront de se refléter dans les statistiques financières agricoles.

Les recettes monétaires agricoles ont augmenté dans toutes les provinces sauf à l’Île-du-Prince-Édouard, où elles ont chuté de 2,0 % en raison d’un net recul du prix des pommes de terre.

Les provinces où les recettes monétaires agricoles ont le plus augmenté sont l’Alberta, le Manitoba, la Nouvelle-Écosse et la Saskatchewan.

Les recettes tirées des cultures rebondissent pour atteindre un sommet
Après être tombées à l’un de leur plus bas niveau de la décennie, les recettes tirées des cultures ont affiché un regain important en 2004. La production de céréales et d’oléagineux est revenue à un niveau plus normal en 2003 après deux sécheresses consécutives dans l’Ouest du Canada (en 2001 et 2002).

Deux facteurs principaux ont contribué à cette hausse, soit les augmentations considérables des mises en marché de la plupart des principales cultures de janvier à juin 2004 et la hausse des paiements de la Commission canadienne du blé (CCB).

L’augmentation des recettes tirées des cultures était essentiellement attribuable à la récolte de 2003. Les recettes tirées des principales céréales et des graines oléagineuses ont augmenté dans la première moitié de 2004, puis ont diminué après la récolte, les prix et les mises en marché ayant tous deux régressé.

L’effet du sérieux retard de la récolte de 2004 dans de nombreux coins du pays continuera de se refléter dans les recettes. (Pour plus de renseignements, voir le communiqué intitulé Estimation de la production des principales cultures, novembre 2004 dans Le Quotidien du 8 décembre 2004.)

Les recettes tirées du blé (sauf le blé dur) ont augmenté de 33,3 % pour atteindre 2,4 milliards de dollars à la suite de l’augmentation des paiements de la CCB et des mises en marché. Les prix étaient inférieurs à ceux de 2003 en raison de l’augmentation de la production dans la plupart des principaux pays exportateurs.

Les agriculteurs ont tiré 2,3 milliards de dollars du canola en 2004, en hausse de 28,3 % par rapport à 2003. Les livraisons en 2004 ont augmenté de 27,3 %, tandis que les prix ont progressé constamment dans la première moitié de l’année. Toutefois, une récolte record de soya aux États-Unis, la probabilité d’une récolte exceptionnelle de soya en Amérique du Sud et la hausse du dollar canadien ont déclenché au printemps dernier un fléchissement des prix des deux types d’oléagineux. Dans l’ensemble, l’augmentation moyenne des prix pour l’année a été marginale. La production de canola a fait un bond de plus de 50 % en 2003 et a augmenté de nouveau en 2004 en raison de l’accroissement des superficies récoltées et du rendement moyen.

Les recettes tirées des cultures horticoles, qui comprennent les fruits, les légumes et les secteurs de la floriculture, des pépinières et du gazon, ont augmenté de 4,3 % pour atteindre 4,1 milliards de dollars. Ce secteur représente maintenant près de 28 % des recettes totales des cultures, comparativement à moins de 20 % au milieu des années 1990.

La production porcine fait croître les recettes tirées du bétail
La croissance des recettes tirées du bétail a été largement attribuable aux producteurs de porcs, leurs recettes ayant crû de 25,1 % par rapport à 2003 pour atteindre un sommet de 4,3 milliards de dollars. Ce bond était principalement attribuable à l’augmentation de 25,6 % des recettes tirées des porcs vendus pour l’abattage au Canada. Les prix des porcs se sont raffermis tout au long de 2004 en raison des exportations robustes et d’une vigoureuse demande intérieure.

Les agriculteurs ont exporté 8,6 millions de porcs en 2004, ce qui a rapporté des recettes records de 685 millions de dollars, soit 22,3 % de plus que l’année précédente et 73,8 % de plus que la moyenne décennale précédente de 1994 à 2003.

Malgré une décision provisoire en octobre du Department of Commerce des États-Unis selon laquelle les exportations porcines canadiennes font l’objet d’une mise en marché déloyale et causent un préjudice financier aux producteurs américains, les exportations de porcs ont continué d’augmenter.

Les recettes tirées des bovins et des veaux sont demeurées stables, s’étant établies à 5,1 milliards de dollars, soit leur plus bas niveau depuis 1996. Malgré l’augmentation des mises en marché, les recettes tirées des bovins et des veaux sont demeurées inférieures de 23,9 % à la moyenne quinquennale précédente. Les prix ont chuté après la découverte d’un cas d’ESB au printemps 2003 et, malgré une certaine reprise, les prix moyens en 2004 sont demeurés de 12,6 % en deçà de ceux de 2003.

Comme la frontière américaine demeure fermée aux bovins et aux veaux vivants, les producteurs ont réagi en envoyant plus d’animaux aux abattoirs canadiens. C’est ainsi que le nombre de bovins et de veaux d’abattage mis en marché en 2004 a augmenté de 26,2 % pour atteindre le nombre record de 4,4 millions de têtes. (Pour plus de renseignements, voir le communiqué Estimations du bétail dans Le Quotidien du 17 février 2005.)

Les recettes tirées des bovins d’abattage ont augmenté de 19,7 % par rapport à l’année précédente, étant donné que la hausse marquée du nombre d’animaux abattus a fait largement contrepoids à la baisse de 7,3 % du prix. Malgré l’augmentation du nombre de bovins abattus, les recettes monétaires agricoles sont demeurées inférieures de 0,9 % à la moyenne quinquennale.

À la mi-septembre 2003, le boeuf désossé canadien provenant d’animaux de moins de 30 mois a été admis à entrer aux États-Unis par voie de permis spécial.

Les recettes tirées du commerce international des bovins et des veaux vivants ont été nulles en 2004 comparativement à 590 millions de dollars en 2003. En 2002, dernière année complète sans restriction commerciale, les recettes tirées du commerce international de bovins et de veaux ont représenté près du quart des recettes totales des producteurs de bovins et de veaux du Canada.

Les produits assujettis à la gestion de l’offre ont correspondu à un peu plus de 40 % des recettes totales tirées du bétail en 2004. Les recettes tirées des produits laitiers et de la volaille ont augmenté. Toutefois, en Colombie-Britannique, les recettes tirées de la volaille et des oeufs ont baissé en raison de l’épidémie de grippe aviaire, laquelle a entraîné l’élimination d’un très grand nombre d’oiseaux. Les producteurs n’ont commencé à reconstituer leur cheptel que dans la dernière moitié de l’année.

Les paiements de programme demeurent stables
Après avoir augmenté substantiellement en 2003, les paiements de programme ont augmenté d’un modeste 0,8 % en 2004 pour atteindre un nouveau sommet. Les paiements de programme sont demeurés bien au-dessus de la moyenne quinquennale précédente qui s’établissait à 3,4 milliards de dollars.

L’assurance-récolte a versé 885 millions de dollars aux producteurs en 2004. Il s’agit d’une baisse de 921 millions de dollars par rapport aux paiements records de 2003. Les montants versés pour l’assurance-récolte en 2003 ont été plus élevés en raison de deux années consécutives de sécheresse dans l’Ouest du Canada, en 2001 et en 2002.

Les agriculteurs canadiens ont reçu plus de 1,1 milliard de dollars dans le cadre des programmes liés à l’ESB en 2004. C’est le Programme d’aide transitoire à l’industrie (PATI) qui a versé le plus gros montant, soit plus de 806 millions de dollars. Le PATI a été créé pour venir en aide aux producteurs qui ont éprouvé des difficultés financières à la suite des répercussions de l’ESB sur le marché.

Les retraits de la partie gouvernementale du Compte de stabilisation du revenu net (CSRN) ont atteint un niveau record en 2004. Les agriculteurs ont retiré 934 millions de dollars de la partie gouvernementale, ce qui est 29,2 % de plus qu’en 2003 et près du double de la moyenne quinquennale précédente de 536 millions de dollars. La plus grande partie de cette augmentation peut être attribuée à la liquidation prévue du programme du CSRN. Selon les règles relatives à la fermeture progressive des comptes du CSRN, les producteurs doivent retirer tout leur argent au plus tard le 31 mars 2009, à raison d’au moins 20 % annuellement.

Le Programme canadien de stabilisation du revenu agricole (PCSRA), mis en oeuvre en 2004, a versé 777 millions de dollars. Le PCSRA a été établi pour venir en aide aux producteurs qui ont essuyé une perte de revenu en raison de l’ESB ou d’autres facteurs.

Les paiements versés par les programmes d’aide en cas de catastrophe liée au revenu ont diminué de 46,1 % pour s’établir à 237 millions de dollars en 2004, puisque le Programme canadien du revenu agricole tirait à sa fin.

Recettes monétaires agricoles
 Janvier à décembre 2003Janvier à décembre 2004pJanvier-décembre 2003 à janvier-décembre 2004Octobre à décembre 2003Octobre à décembre 2004pOctobre-décembre 2003 à octobre-décembre 2004
 en millions de dollarsvar. en %en millions de dollarsvar. en %
Canada34 21036 7697,59 66410 0524,0
Tout le blé12 4733 02622,461586240,2
Blé, sauf le blé dur11 8242 43233,338765268,5
Blé dur1648594-8,3228210-7,9
Orge140958643,3153133-13,1
Recettes différées-646-6724,0-347-331-4,6
Réalisation des recettes différées6546773,536372,8
Canola1 7632 26228,3673598-11,1
Soya763710-6,9417365-12,5
Maïs7857900,6268205-23,5
Autres céréales et oléagineux4484664,015820328,5
Cultures spéciales82492912,730334513,9
Autres cultures5 7085 9133,61 5121 5834,7
Total des cultures13 18214 68611,43 7874 0015,7
Bovins et veaux5 1445 138-0,11 2821 51217,9
Porcs3 3964 25025,17961 06133,3
Produits laitiers4 4964 5902,11 1381 1672,5
Volaille et oeufs2 3892 4542,76026477,5
Autre bétail7607701,32122161,9
Total du bétail16 18517 2026,34 0304 60214,2
Compte de stabilisation du revenu net72393429,2184115-37,5
Paiements d’assurance-récolte1 806885-51,0559384-31,3
Programmes d’aide en cas de désastre lié aux revenus440237-46,11611-99,4
Programme provincial de stabilisation711626-12,0187119-36,4
Subventions aux produits laitiers000000
Autres programmes1 1632 19889,07578309,6
Total des paiements4 8434 8800,81 8471 449-21,5
pDonnées provisoires.
1.Inclut les paiements de la Commission canadienne du blé.
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, la somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Recettes monétaires agricoles provinciales
 Janvier à décembre 2003Janvier à décembre 2004pJanvier-décembre 2003 à janvier-décembre 2004Octobre à décembre 2003Octobre à décembre 2004pOctobre-décembre 2003 à octobre-décembre 2004
 en millions de dollarsvar. en %en millions de dollarsvar. en %
Canada34 21036 7697,59 66410 0524,0
Terre-Neuve-et-Labrador82853,723244,3
île-du-Prince-Édouard356349-2,0829212,2
Nouvelle-Écosse4184528,11191190
Nouveau-Brunswick4044275,710712315,0
Québec5 9696 2905,41 5971 6634,1
Ontario8 4698 6682,32 4202 351-2,9
Manitoba3 5393 8518,89721 08311,4
Saskatchewan5 6826 1247,81 8051 781-1,3
Alberta7 0148 13516,01 9132 0828,8
Colombie-Britannique2 2782 3864,762673617,6
pDonnées provisoires.
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, la somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Note aux lecteurs
Statistique Canada ne fait pas de prévisions des recettes monétaires agricoles. Les données présentées sont fondées sur les données des enquêtes et les données administratives provenant de plusieurs sources.

Les recettes monétaires agricoles mesurent le revenu brut des entreprises agricoles en dollars courants. Elles comprennent les ventes de productions végétales et animales (sauf les ventes entre les fermes d’une même province) et les paiements de programme. Les recettes sont comptabilisées lorsque l’argent est versé aux agriculteurs, avant déduction des dépenses.

Les recettes différées représentent les ventes de céréales et d’oléagineux livrés par les producteurs de l’Ouest pour lesquelles les paiements ont été reportés jusqu’à l’année suivante. Étant donné que ces recettes sont fondées sur les livraisons effectuées, les paiements différés sont déduits des recettes monétaires agricoles de l’année civile en cours et inclus lorsqu’ils sont réalisés (voir «Réalisation des recettes différées» dans le tableau des recettes monétaires agricoles).

Les paiements de programme sont les paiements liés à la production agricole courante et versés directement aux agriculteurs. Mentionnons, à titre d’exemple, les paiements du Compte de stabilisation du revenu net, les paiements qui sont versés en vertu de la Loi sur l’assurance-récolte et ceux des programmes provinciaux de stabilisation. La série des paiements de programme ne vise pas nécessairement à englober tous les paiements effectués aux agriculteurs et ne représente pas la totalité des dépenses des gouvernements se rapportant à tous les programmes d’aide.

Le 25 mai 2005, les recettes monétaires agricoles révisées pour 2003 et 2004 seront diffusées en même temps que les données provisoires du premier trimestre de 2005. Ces données révisées tiendront compte des mises à jour de toutes les données des enquêtes et des données administratives non intégrées antérieurement, y compris une modification de la méthodologie pour calculer les mises en marché et les prix des bovins et des veaux au Québec.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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