Semis 2015: Départ au ralenti dans l’est du Québec

Les producteurs ont subi bien des caprices de Mère Nature au printemps depuis le début de la décennie. Mais pour une fois, il semblerait que la logique géographique soit au rendez-vous en 2015 pour la période des semis. « Cette année, les semis ont débuté dans l’est de l’Ontario, puis l’ouest du Québec pour se poursuivre dans la région de Saint-Hyacinthe dimanche dernier. La région de Québec a emboité le pas cette semaine et les travaux progressent bien. Bref, la logique géographique est respectée et suit l’ordre auquel on s’attendrait à assister », fait observer Vincent Chifflot, agronome pour Dekalb pour l’est du Québec.

Si les travaux ont commencé en lion pour le sud et l’ouest de la Belle province, ils ont débuté plus lentement plus à l’est. Pendant que des régions connaissaient des températures estivales, nettement au-dessus des moyennes de saison, Québec et les alentours devaient composer avec un temps couvert et un vent de l’est. Avec la hausse des degrés, plusieurs producteurs ont pu entrer dans les champs et faire des progrès. Déjà vendredi soir, Vincent Chifflot estimait l’avancé des travaux jusqu’à 30%, selon les endroits. Pour les régions de Saint-Édouard, la Beauce et Lotbinière, ces estimations reculent entre 10 et 15%. Les terres de loams argileux étaient encore trop humides pour s’y aventurer. Les semis pour les terres sableuses pourraient toutefois bien pour leur part être plus avancés de près du quart .

Les travaux ont aussi été retardés en raison de l’épandage de lisier, surtout en Beauce où la production porcine est importante. Les épandeurs ne fournissent pas à la tâche alors que les producteurs sont prêts. Des producteurs ont aussi confirmé avoir de la difficulté à se débarrasser de poches humides dans les champs, des relents du gel intense de l’hiver dernier qui refait surface avec la chaleur.

« Si le beau temps reste, les travaux pourraient aller très vite et être terminés d’ici deux à trois jours. Certains pourraient même avoir terminé samedi (9 mai). Même à Saint-Hyacinthe, les gros producteurs sont très avancés et avaient plus de la moitié de leur champs semés en milieu de semaine. Il est certain que plusieurs sèmeront jusqu’à la dernière minute avant que la pluie prévue samedi arrive ». Même le soya devrait être bien amorcé selon l’agronome puisque les producteurs auront écouté les conseils et semé en même temps le soya et le maïs.

Autre bonne nouvelle selon M.Chifflot, les producteurs auront profité de cette fenêtre de beau temps pour semer leur variété les plus tardives. « On devrait éviter ce printemps les problèmes de logistique qui viennent avec les changements d’hybride. C’est la bonne nouvelle de cette année. Ce qui reste à semer pourra très bien attendre vers le 15 mai, ou même le 25 mai puisque les dernières variétés semées sont les plus adaptées aux unités thermiques de la région”.

Ne reste plus à voir maintenant ce que réservera le printemps pour la période critique des quatre prochaines semaines pour le maïs. « On a déjà eu aussi dans le passé des départs canons. Il faut rester prudent puisque le maïs sera très vulnérable dans les prochaines semaines », indique Vincent Chifflot.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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