Temps dur pour les intercalaires

Les fortes chaleurs de juillet et le manque d’eau se répercutent aussi sur les cultures semées en intercalaire

Il y a des feuilles de maïs qui roulent au Québec. Un peu dans l’ouest, beaucoup dans l’est, pour résumer à grands traits. Les fortes chaleurs de juillet conjuguées à des précipitations inférieures à la normale font sentir leur effet. Et si on jette un coup d’oeil entre les rangs de maïs, on peut constater que les conditions sont difficiles aussi pour les cultures de couverture.

Le ray-grass ne l’a pas facile. « Je ne suis pas en mesure de brosser un portrait global en ce moment, mais je suis inquiet, confie David Girardville, du Club agroenvironnemental du Suroît. Les conditions d’établissement ont été mauvaises. Comme le maïs a décollé excessivement vite, le ray-grass a été privé de lumière rapidement. Et puisque le ray-grass a généralement été semé très tard, fin juin dans certains cas, il est tombé tout de suite dans le régime de juillet, le mois le plus chaud et le plus sec de l’année. En plus, cette année, juillet a été le mois le plus chaud jamais enregistré! »

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Pour sa part, Vicky Villiard, du Club agroenvironnemental Dura-Sol Drummond, trace un portrait plus positif de l’état du ray-grass en intercalaire dans sa région. « Le ray-grass est encore là, contrairement à l’an passé où il avait disparu de plusieurs champs à cause de la sécheresse, observe-t-elle. Mais il n’est pas très bien développé. Il n’a que deux ou trois feuilles et celles-ci sont longues et minces. Il a poussé en orgueuil. On va voir le résultat cet automne. Sa force, c’est de rebondir en automne. C’est à cette période-là qu’il fait vraiment du feuillage. »

Cette dernière constate que le trèfle rouge et le trèfle Incarnat s’en tirent mieux que le ray-grass jusqu’à maintenant. « Je ne m’attendais pas à un aussi bon développement de ces espèces », lance-t-elle tout en s’avouant incapable de donner une explication.

La conseillère constate que le radis aussi s’en tire bien. « C’est prometteur, dit-elle. Si les conditions restent sèches, on verra s’il sera affecté. Il lui faut beaucoup d’eau pour développer sa carotte. »

Du côté du soya, où c’est le lotier qui jouit de la faveur des producteurs, David Girardville rapporte que les plants sont tout petits. « Le lotier aussi a été implanté plus tard que d’habitude et il a souffert de la sécheresse et de la chaleur, commente l’agronome basé à Rigaud, ajoutant : Il faudrait trouver le moyen d’implanter les cultures de couverture plus tôt, dans une période où les conditions sont plus fraîches et plus humides. »

 

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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