Tirer le meilleur des essais à la ferme

Les essais à la ferme qui sont planifiés et réalisés correctement peuvent représenter une excellente façon d’évaluer de nouvelles idées, ainsi que de nouveaux produits et du matériel. Mais pour qu’un essai à la ferme, même le plus simple, puisse fournir de l’information utile, il est important de prendre le temps de le planifier et de bien l’exécuter.

Voici quelques conseils sur les essais au champ, diffusés par deux experts du ministère de l’Agriculture de l’Ontario : Gilles Quesnel et Ian McDonald. Il sont tirés du dernier numéro du Bulletin Grandes Cultures.

L’essai doit être conçu de manière à ce que toutes les variables de la production (comme le drainage, l’apport d’engrais, le travail du sol, etc.) demeurent constantes dans la parcelle à l’étude, à l’exception des traitements évalués (comme les hybrides, les fongicides, la densité de peuplement, etc.).

Deuxièmement, pour que les résultats obtenus soient crédibles, l’essai doit être conçu de manière à ce que les données recueillies puissent faire l’objet d’une analyse statistique. En d’autres mots : on doit faire des répétitions.

Planification

Fixer l’objectif de l’essai et décrire l’information à recueillir (ex. : variété, date de semis, rendement et pourcentage de la surface occupée par des résidus, etc.).

Sans répétitions, il est impossible de vérifier si les différences observées entre les traitements sont réelles ou uniquement attribuables à la chance ou à l’erreur. Par ailleurs, dans le cas d’un essai ne comportant que deux ou trois traitements dans une parcelle (comme la comparaison entre une parcelle de maïs traitée avec un fongicide foliaire et une parcelle témoin non traitée), il est plus facile de répéter chaque traitement au moins deux fois, mais préférablement trois ou quatre fois dans le champ.

Pour disposer de données suffisantes permettant d’effectuer une analyse rigoureuse et fiable des résultats, il faut au moins six parcelles d’essai, qui peuvent être une combinaison de traitements et de répétitions. Par conséquent, si on compare seulement deux traitements, il faut trois répétitions (2 x 3 = 6).

On peut faire exception à ce minimum de six parcelles dans certains essais d’hybrides de maïs, comme ceux qui sont réalisés par l’industrie des semences, où chaque site est considéré comme une répétition, les mêmes hybrides étant semés dans de nombreux sites. Cette méthode offre suffisamment de répétitions pour permettre une analyse valable des données.

Les largeurs réelles des blocs doivent être basées sur la largeur de la machinerie utilisée (semoir, pulvérisateur, moissonneuse-batteuse, etc.). Chaque parcelle de traitement (bande) doit être d’une longueur minimale de 150 mètres et d’une largeur suffisante pour fournir un rendement récolté d’au moins 500 kg afin de réduire au minimum l’effet des erreurs inhérentes à la prise de mesures et au pesage.

Au moment de comparer les données comme les doses d’engrais, la différence des doses entre les traitements doit être suffisamment élevée pour exercer un effet mesurable sur les rendements (ex. : une différence d’au moins 30 lb/acre d’azote réel dans le cas du maïs).

Choix du champ

Idéalement, la pente du champ doit être uniforme, tout comme son drainage et sa fertilité; de plus, le type de sol doit être représentatif de l’exploitation.

Si le champ est en pente, orientez la parcelle de manière à ce que les traitements soient à la verticale de haut en bas de la pente. Prenez des parcelles situées à au moins 30 mètres de distance des clôtures, et 60 mètres des gros arbres. Si possible, les semis doivent être faits perpendiculairement (angle de 90 degrés) aux sources connues de variables possibles comme les tuyaux de drainage, les sillons labourés ou les dérayures et les manœuvres au champ (épandage d’engrais ou de fumier). On réduit ainsi les risques engendrés par l’ajout de variabilité associée à des chevauchements ou à des oublis dans l’apport d’intrants culturaux.

L’objectif est de réduire la variation inhérente ou appliquée dans l’ensemble de la parcelle afin de s’assurer que les différences de traitement observées sont réelles et non attribuables à des variations sous-jacentes qui ne sont pas reliées. Il est très important d’observer le champ tout au long de la saison.

Faites preuve de discernement pour évaluer s’il se produit des situations dans le champ qui sont susceptibles d’avoir un effet sur les résultats et qui n’étaient pas associées aux différences dans les traitements. Il faut envisager de renoncer aux résultats d’une parcelle s’il est évident qu’il y a quelque chose qui cloche avec le site du projet.

Pour des suggestions de disposition des parcelles, cliquer ici et défiler jusqu’au bas de la page.

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