Un drone à la ferme

Il pèse un demi-kilo et il se range dans une valise rigide. C’est le prochain véhicule à se joindre à votre parc de machinerie : un drone.

Largement utilisé en contexte de guerre, le drone fait une percée en agriculture. Pour aussi peu que 20 000 $, on peut maintenant se procurer un petit avion sans pilote, équipé d’une caméra 12 mégapixels, avec des logiciels sophistiqués de reconstitution et d’analyse des images.

Depuis un an, l’entreprise de services agronomiques ontarienne Ag Business & Crop distribue en Amérique du Nord le Swinglet Cam, un drone de fabrication suisse. Abordable et facile d’utilisation, ce petit avion pourrait révolutionner les techniques de dépistage au champ.

« Je cherchais un meilleur moyen d’obtenir des images aériennes, explique le propriétaire de Ag Business & Crop, Felix Weber. Commander des images satellites, c’est long et compliqué. »

Felix Weber s’est donc rendu en Suisse, où le Swinglet CAM l’a tant épaté qu’il a décidé d’en devenir le distributeur nord-américain et de l’offrir en solution clé en main aux agriculteurs et à leurs conseillers.

L’appareil se déploie en cinq minutes. Pour décoller, on le tient au bout de ses bras, puis on le relâche comme si on mettait un oiseau en liberté. L’avion complète son circuit de vol de façon entièrement automatique, en prenant environ sept images par acre. Il atterrit de lui-même, sur le ventre, après une descente en spirale.

« Mon propre avion a réalisé plus de 120 vols, sans accident! », dit Felix Weber.

Le drone fait 80 cm de largeur. Il a une autonomie de vol de 30 minutes. On peut se le procurer pour aussi peu que 12 500 $ avec deux batteries. Avec les logiciels d’assemblage d’image et d’interprétation agronomique, la facture peut s’élever à 20 000 $.

Felix Weber en a vendu surtout à des agronomes, mais aussi à un producteur possédant 6 000 acres. L’avion est très facile à utiliser, insiste-t-il. Par contre, il faut être disposé à apprend à utiliser des logiciels qui permettront d’identifier les problèmes au champ.

Les images générées peuvent servir à dresser un plan de drainage, à détecter une carence en fertilisant, à dépister des mauvaises herbes ou des ravageurs, ou encore, à évaluer la levée d’une culture. On peut consulter les premières images sur un ordinateur portable dès que l’avion est rentré de mission.

« Ce que les images nous révèlent dépend du moment du vol dans la saison, explique Felix Weber. Le vert intense pourrait être attribuable à l’intensité de la culture, ou à la présence de mauvaises herbes. »

Lorsqu’un problème est détecté par la voie des airs, une visite du champ à pied s’impose, afin de confirmer le diagnostic. On pourra ensuite prendre la décision d’appliquer, par exemple, des éléments mineurs ou un fongicide.

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