Un groupe environnemental épand du fumier

Ottawa (Ontario), 9 octobre 2002 – Le rapport du groupe Environmental Defence Canada (EDC), intitulé « It’s hitting the fan » [Ça éclabousse!], est un ramassis de demi-vérités et de données prises hors contexte. « Les agriculteurs
canadiens ont de quoi être furieux contre cette attaque malicieuse envers
leur industrie », de déclarer M. Bob Friesen, président de la Fédération
canadienne de l’agriculture (FCA).

Le rapport de l’EDC mentionne qu’entre les années 1941 et 2001, le ratio

de porcs et de bovins a augmenté de 20 à 120 par ferme, alors que
l’étendue des terres utilisées pour l’élevage du bétail est demeurée
relativement la même. Ce fait est véridique, mais il omet de prendre en
considération la hausse de la population humaine survenue au cours de la
même période. Depuis 1970, le nombre de bovins et de poulets au Canada a
augmenté respectivement de 21 p. 100 et de 33 p. 100. Toutefois, la
population humaine au Canada a augmenté de 44 p. 100. En fait, la
proportion de porcs et d’humains en Ontario a diminué depuis 1950 de 0,48
à 0,27 porc par personne. (Dalyrimple, Jim. « The Ontario Pork Industry and
Water Resources. » Selon les données de Statistique Canada.)

« L’industrie du bétail croît à un rythme raisonnable et rationnel pour
répondre aux besoins alimentaires des Canadiens et des Canadiennes ainsi
qu’aux exigences économiques de nos exportations », selon M. Friesen.

En matière de terres et de ressources utilisées, l’industrie est plus
efficace que jamais. De meilleures pratiques de gestion ont permis
d’accroître le rendement des cultures. Par conséquent, cela requiert moins
de terres pour alimenter le bétail. Avec la maîtrise de la reproduction,
le bétail a de meilleurs gènes, est en meilleure santé et plus fort. Cela
nécessite moins de temps pour amener un porc au marché, ce qui signifie
une baisse de la consommation d’eau et d’aliments et, par le fait même,
des déchets qui en dérivent.

Le rapport fait tout un plat de la quantité de déchets produits par le
bétail au Canada. Cependant, si on établit une comparaison entre les
déchets produits par le bétail et ceux des humains, il est clair que ces
derniers en produisent plus comparativement à n’importe quel groupe de

bétail. Si on inclut les eaux usées, un porc produit quotidiennement 5,8
litres de déchets. Si l’on tient compte de toute l’eau utilisée pour le
lavage, la toilette, etc., qu’une seule personne consomme dans une
journée, elle produit 227 litres d’eaux usées. (Le George Morris Centre)
En une seule année, la population humaine au Canada produira 2,6 billions
de litres de déchets. La population porcine entière du Canada génère 30
milliards de litres de déchets.

« L’EDC se plaît à dire que les déchets du bétail pourraient remplir le
Skydome de nombreuses fois au cours d’une année. Il s’agit d’une
affirmation dépourvue de sens, compte tenu qu’elle ne dit rien à propos de
la viabilité de l’industrie », soutient M. Friesen. Un calcul à l’échelle
de l’Ontario et du Québec a démontré que les cultures requièrent plus de
substances nutritives que ce que pourrait fournir le fumier de bétail. (Le
George Morris Centre)

L’épandage du fumier sur les terres est très efficace et constitue un
excellent moyen de recycler et de retourner dans le sol les substances
nutritives utilisées pour la production des cultures. Lorsqu’il est géré
convenablement, le fumier agit non seulement comme un agent nutritif pour
les plantes, il améliore également l’état d’ameublissement du sol, sa
structure, son aération et ses capacités de rétention d’eau grâce à
l’ajout de matières organiques. « Les animaux produisent du fumier, le
fumier est épandu sur la terre pour faire croître les cultures puis les
animaux mangent les récoltes. C’est un cycle parfaitement naturel et
bénéfique », d’ajouter
M. Friesen.

En ce moment, les agriculteurs entreprennent un grand nombre de projets
visant à promouvoir l’entreposage et la manutention appropriées du fumier,
y compris des plans de gestion des éléments nutritifs, des pratiques de
gestion exemplaires et des plans environnementaux en agriculture.

La présence de fumier animal ne constitue pas automatiquement une menace
pour la santé humaine. Lorsqu’il s’agit de bactéries nocives, une ferme de
10 000 porcs produit autant de coliformes fécaux qu’une population de 2
300 personnes. (M. James C. Barker, professeur à l’université de la
Caroline du Nord). « Il n’y a aucun fondement à l’affirmation que le simple
fait que les gens habitent à proximité d’exploitations de bétail puisse
constituer une menace pour leur santé », affirme M. Friesen.

« Je crois qu’il est temps que des groupes comme l’EDC cesse de propager
ces demi-vérités. Diffuser de l’information contentant des faits partiaux
est irresponsable et dangereux. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération Canadienne de l’agriculture

http://www.cfa-fca.ca/

Statistiques Canada

http://www.statcan.ca/

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