Un moratoire déguisé pour l’agriculture

Ville de Saint-Georges, le 20 juin 2001 – La Fédération de l’UPA de la Beauce juge excessives les modifications au règlement sur la réduction de la pollution d’origine agricole récemment adoptées par le ministère de l’Environnement. Le président de la Fédération, M. Pierre Demers, soutient que les resserrements sont basés sur une fausse réalité. Il rappelle que les rejets calculés à partir du nombre d’unités animales est un concept désuet que reconnaît le ministère de l’Environnement lui-même. A preuve, M. Demers cite l’exemple des producteurs de volaille qui démontre, à l’aide d’une étude scientifique, que l’Environnement surestime de 40 % les volumes et la valeur fertilisante des lisiers de volaille. Présentement, une étude est en cours pour démontrer la même chose dans les autres productions.

Pour M. Demers, l’UPA reconnaît qu’il existe une problématique dans la région, particulièrement dans le nord où il y a une plus forte densité de production. C’est pour cela que la Fédération a collaboré étroitement aux travaux du Comité multipartite régional, composé des principaux intervenants du milieu, pour suggérer un renforcement de la réglementation environnementale. Après une longue période d’hésitation, le Ministre Boisclair a adopté une réglementation beaucoup plus sévère que le consensus intervenu en Chaudière-Appalaches.

Il est clair pour le président de la Fédération que cette réglementation est un moratoire déguisé. En ne permettant de nouveaux établissements d’élevage dans les municipalités en surplus que si les effluents font l’objet d’un traitement, il sera à toute fin pratique impossible d’implanter de nouvelles unités de production. Présentement aucun système de traitement ne fait l’objet d’une accréditation permanente.

Ce moratoire n’affectera pas seulement les municipalités agricoles du nord de la région, mais un très grand nombre d’autres municipalités de la région. Jusqu’à ce jour 13 municipalités étaient considérées en surplus de lisiers, maintenant c’est 39 municipalités qui sont visées par cette nouvelle réglementation. Des municipalités comme Saint-René et Saint-Benjamin font partie des nouvelles municipalités en surplus. Selon monsieur Demers, il ne faut pas être un grand spécialiste pour se rendre compte que les données du ministère de l’Environnement sont incorrectes car dans ces deux municipalités, l’agriculture est en déclin, on est très loin d’une surproduction de lisiers par rapport aux sols disponibles.

Toujours selon monsieur Demers, cette réglementation excessive va freiner la relève agricole, affecter particulièrement la ferme familiale et faire disparaître les petites fermes car ces nouvelles contraintes vont en décourager plusieurs, ce qui se manifeste déjà.

En terminant, M. Demers ne comprend pas l’attitude du gouvernement dans ce dossier. Même si le milieu lui avait soumis des solutions, il a choisi plutôt le coup d’éclat. Il déplore que le ministre Boisclair se fasse du capital politique sur le dos des agriculteurs et agricultrices.

En conclusion, M. Demers réaffirme que la classe agricole a toujours préconisé des mesures vigoureuses mais à la fois applicables, cohérentes et efficaces en matière d’agroenvironnement. Il espère que lorsque le syndrome de Walkerton sera passé, le gouvernement se ravisera et fournira à l’agriculture une réglementation permettant aux agriculteurs et agricultrices de pratiquer une agriculture durable et d’en vivre.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération de l’UPA de la Beauce

http://www.fortune1000.ca/upa/

Ministère de l’Environnement du Québec

http://www.menv.gouv.qc.ca

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