Une commission gouvernementale britannique refuse d’approuver en bloc les OGM

Londres (Angleterre), 21 juillet 2003 – Les arguments scientifiques ne justifient pas l’interdiction des cultures transgéniques, selon l’étude d’une commission gouvernementale britannique, qui refuse toutefois d’approuver en bloc l’utilisation de ces végétaux.

« Les plantes transgéniques sont l’objet d’un débat intense et suscitent toutes sortes d’opinions, allant des partisans qui soulignent les avantages de ces cultures, aux opposants, très inquiets », a déclaré David King, conseiller en chef du gouvernement en matière scientifique et président de la commission.

L’étude publiée « est unique en ce qu’elle prend en compte les intérêts et les inquiétudes du public et des experts », a-t-il affirmé. Selon cette enquête, la consommation à travers le monde de produits dérivés de végétaux transgéniques ne semble pas avoir eu d’effet néfaste sur la santé des gens ou des bêtes, au cours des sept dernières années.

Les risques pour la santé humaine présentés par les plantes transgéniques actuellement sur le marché sont très bas, a ajouté cette commission. Elle s’interroge toutefois sur les effets potentiels sur les terres agricoles et la faune et la flore.

La commission recommande de plus amples recherches scientifiques en matière d’allergies, d’écologie des sols, de biodiversité et des conséquences sur le brassage des gènes. « Les cultures transgéniques ne sont pas une technologie homogène sur laquelle les scientifiques peuvent assurer qu’il n’y a pas le moindre risque », a déclaré David King.

Michael Meacher, ancien secrétaire d’Etat à l’Environnement et farouche opposant des cultures transgéniques, a prié le gouvernement d’adopter « un principe de précaution ». « Ils disent qu’ils n’ont pas trouvé de preuve montrant que manger des aliments transgéniques présentait un risque sanitaire, mais je trouve scandaleux que personne n’ait en fait vraiment cherché à savoir. On a juste pris cela comme un fait établi », a-t-il déclaré au micro de la radio BBC.

« Ils ne semblent pas avoir tiré la leçon de l’affaire de la vache folle », a renchéri Sue Mayer, responsable du groupe de pression GeneWatch UK, faisant référence à la maladie de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB).

Quant aux associations Greenpeace et Les Amis de la Terre, ils ont préféré mettre l’accent sur l’incertitude qui transparaît dans les commentaires de la commission.

« Loin de donner le feu vert aux cultures transgéniques, ce rapport reconnait qu’il y a des trous dans notre connaissance scientifique et des incertitudes notables sur l’impact à long terme des aliments transgéniques sur notre santé et notre environnement », a déclaré Les Amis de la Terre.

Le gouvernement britannique a commandité toute une série d’études pour évaluer les risques et avantages des cultures transgéniques, pour savoir s’il leur donne le feu vert, d’ici la fin de l’année.

Les associations écologistes estiment que le gouvernement a déjà pris la décision d’autoriser les cultures transgéniques, et craignent que ces études et consultations ne soient qu’un écran de fumée.

Source : AFP

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