Vulnérable, le maïs semé tardivement?

Le maïs semé tard au mois de mai, ou encore au mois de juin, est-il plus vulnérable aux ravageurs et aux maladies? Le Bulletin.com a posé la question à l’agronome Gilles Tremblay, du CÉROM.

Dans un premier temps, la réponse est « non ». Le maïs semé cette semaine ou la semaine prochaine touchera un sol chaud et germera rapidement, explique Gilles Tremblay.

« La croissance sera très rapide au début. Toute l’étape où le maïs est vulnérable aux maladies lorsque semé dans un sol froid est évitée. »

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Ces dernières années, les traitements de semence ont permis une meilleure émergence lors de semis très hâtifs. Au stade où l’on en est rendu cette année, traitées ou pas, les graines vont émerger rapidement et vigoureusement, à moins de problèmes d’asphyxie en raison d’accumulation d’eau après le semis.

Dans un deuxième temps, le maïs semé tard au printemps sera effectivement plus vulnérable aux insectes. On parle ici du ver-gris noir, un nouveau ravageur sous haute surveillance en 2011, et du ver-gris occidental du haricot (VGOH), dont les captures ont été en forte hausse l’an passé.

Dans les deux cas, ces insectes nous arrivent des États-Unis par la voie des airs. Cette année, les deux ont déjà été dépistés au Québec.

L’an dernier, c’est justement dans un piège installé dans un champ de maïs semé tardivement à Shawville, en Outaouais, que le plus grand nombre (502) de papillons du VGOH a été capturé.

Ces insectes s’alimentent de mauvaises herbes, mais lorsque celles-ci sont détruites, elles peuvent s’attaquer aux plants de maïs, explique Gilles Tremblay. Plus le plant est jeune, plus il est vulnérable.

La vulnérabilité est simplement une question de taille de la plante, dit l’agronome du CÉROM. Si le plant est jeune, son feuillage peut être plus rapidement attaqué par l’insecte, ce qui cause plus de dommages, affaiblit le plant et compromet sa croissance.

Un rattrapage

Gilles Tremblay croit que cette année, les producteurs ont plus à craindre des taux d’humidité à la récolte, advenant que les hybrides semés n’atteignent pas la maturité physiologique à temps.

Comme plusieurs, Gilles Tremblay croit que sur une même saison, les cumuls de chaleur et de précipitation finissent souvent par tomber dans les moyennes annuelles. Après le printemps frais que nous connaissons, il pourrait venir plus de chaleur et le maïs en profiterait pour se rattraper.

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