Ajoutez-y des graminées !

*Les rations riches en maïs ensilage ont amenées les producteurs à vouloir de plus en plus de luzerne au champ pour sa teneur en protéine. Mais pour maximiser le potentiel des prairies, il est impératif d’y ajouter des graminées. Leur niveau de sucres rehausse l’énergie des fourrages (selon le stade de fauche) en plus de faciliter le séchage au champ. Une autre bonne raison est que leur système racinaire leur confère une bien meilleure survie à l’hiver.

Avant de sélectionner l’espèce qu’il vous faut, quelques généralités s’appliquent à toutes les espèces. La difficulté de semer ces « grosses graines » est importante à considérer. Vu le faible pourcentage de semoirs équipés d’une boîte à brome, il faut se tourner vers une autre option. Ce sujet est assez large et pourrait faire l’objet d’une chronique future!

Il faut également prendre en considération le nombre de graines par kg de chaque espèce. Avec ses 2 500 000 graines dans chaque kg, le mil est le grand champion. Loin derrière, les graminées d’association varient plus de 175 000 à 500 000. Le calcul est rapide, pour le même kg, on retrouvera beaucoup plus de mil au champ. N’ayez donc pas peur de mettre la bonne dose pour les apprécier!

Quelle graminée choisir?

La fléole des prés, communément appelé mil, est la principale graminée utilisée en association avec les légumineuses. Sa facilité de semis, son coût, son appétence et sa rusticité sont d’excellentes raisons de l’utiliser. Son système racinaire peu profond le rend toutefois sensible à la chaleur et à la sécheresse, ce qui devrait vous convaincre d’ajouter d’autres graminées pour améliorer votre productivité. C’est là que les choses se corsent : que choisir ?

Le brome est l’espèce qui se compare le plus à la fléole pour son appétence et sa rusticité. Lent d’établissement et difficile à semer, le brome nécessite un bon égouttement. Une fois établi, il tolère très bien la sécheresse et est une excellente source de fibre efficace pour les rations.

Contrairement au brome, la fétuque tolère un drainage plus déficient. Son rendement est stable durant la saison et excellent à l’automne. La mauvaise presse du passé, est à oublier avec les variétés à feuilles souples qui ont amélioré son appétence. Une régie de coupe intensive est tout de même recommandée.

Le raygrass vivace possède un bel équilibre entre appétence, fibre efficace et consommation volontaire de matière sèche. Rapide d’implantation, son seul côté négatif est sa faible rusticité. La graminée issue du croisement des deux variétés précédente appelé festulolium est un excellent compromis.

Festulolium avec raygrass
Crédit photo: Semican

Le dactyle, possède 1 440 000 graines par kg. Il détient plusieurs avantages, particulièrement son potentiel de rendement qui est élevé tout au long de la saison, même en condition de sécheresse. On doit éviter de le soigner aux vaches taries en raison de sa teneur en potassium. Les nouvelles variétés devraient être privilégiées car l’épiaison est plus tardive.

Mais si on parle de graminées, n’oubliez toutefois pas qu’il faut les fertiliser! L’azote est leur plus grand stimulant.

*Texte réalisé en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères. Les propos exprimés dans le texte relèvent toutefois de l’auteur et n’engagent pas le CQPF.

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