Regarder plus loin

Notre ferme c’est plus que des hectares en cultures, c’est un héritage d’émotion

Noyer. Après un lent départ il est maintenant bien installé. Il sera sûrement beaucoup plus majestueux dans 100 ans.

Je me rappelle encore quand on a décidé de couper une belle terre en deux pour y implanter une haie brise-vent. Une vague impression qu’on retournait en arrière après avoir mis tant d’effort pour faire le ménage.

Fini tout ce qui nous semble inutile et qui, à première vue, ne rapporte pas.  Et nous voilà en train de replanter. On ressentait tout de même une vague impression de retour en arrière et qu’on était en train de s’acheter de l’ouvrage.  Nous étions quand même convaincus d’aller de l’avant.  C’est toujours plus exigeant les premières années, mais aujourd’hui, 16 ans plus tard, on ne regrette rien.

Premièrement, pour décider de planter des arbres on doit aimer les arbres ou apprendre à les aimer et à les comprendre. Choisir les bonnes espèces en fonction de nos objectifs. Les installer à des endroits stratégiques.  Oui ça nous bloque la vue, mais ça ouvre nos horizons sur d’autres perspectives à plus long terme.  On ne regarde plus le deux ou le trois mètres de perte de rendement, on se permet de regarder plus haut et plus loin pour apprécier une rentabilité difficilement chiffrable, mais combien rétributrice. On apprend à les côtoyer. On apprécie leur présence quand on observe un plus grand achalandage d’oiseaux et d’animaux qui viennent s’y réfugier.

On a choisi d’y insérer des essences nobles comme des noyers, des caryers, des noisetiers hybrides.  On commence à cueillir nos premières noix. Ben oui, je sais bien qu’on n’augmentera pas notre rentabilité à court terme  avec ça, par contre quel plaisir ça nous procure d’aller en cueillir.  Pensez- y! Vous avez sûrement de beaux souvenirs de jeunesse qui se sont passés autour des arbres sur la ferme. Je me souviens encore des pique-niques avec mes parents sous le gros pin au beau milieu du champ. Ou de la fois qu’on s’y était abrité lors d’une forte pluie. Les arbres que nous avons  plantés avec nos enfants nous survivront et seront là  encore  pour nos petits-enfants et je suis sûr qu’ils se rappelleront des souvenirs qui y auront été construits. Notre ferme c’est plus que des hectares en cultures, c’est un héritage d’émotion.

Regardons plus loin! Profession agriculteur.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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