Tarir pendant 35 jours (suite)

Selon Catherine Lambert et Nicolas Baril, l’utilisation d’une seule ration pour la période de tarissement et de transition fait toute la différence, puisqu’elle limite l’adaptation des vaches aux changements alimentaires durant cette période de grande sensibilité aux changements. « C’est comme un moteur que l’on laisse tourner plutôt que de l’arrêter », mentionne Débora Santschi. Donc, à la ferme DJ Lambert, l’accent est mis sur la minimisation des changements durant toute la période de transition.

En plus de la ration qu’on ne modifie pas au cours de cette période, les groupes de vaches qui sont formés lors du tarissement ne changent pas non plus. Les taures à leur premier vêlage sont aussi réunies avec des vaches moins agressives. Ces stratégies minimisent les confrontations entre les vaches et le stress que ça peut occasionner.

Il y a donc trois parcs qui ont été aménagés pour les vaches taries. Le plus petit des parcs, qui contient quatre vaches, fournit un espace de mangeoire de 33 pouces (0,84 m) par animal. La ration utilisée contient de la paille, ce qui permet de fournir toute la fibre nécessaire pour redonner une santé au rumen pour la prochaine lactation.

Une ration avec paille diminue l’énergie fournie avant le vêlage, ce qui tend à favoriser une meilleure consommation et une baisse de condition de chair moins importante après le vêlage qu’une ration sans paille.

L’utilisation du calcimil rend la ration plus anionique avant le vêlage et diminue considérablement les cas d’hypocalcémie après le vêlage et les pertes d’appétit. Leur conseiller Patrick Laberge de la Coop Agrivert prend régulièrement les pH urinaires des vaches avant le vêlage et note des pH oscillant aux alentours de 7,5.

« Lorsque le pH est plus haut (8,0 et plus), c’est que les vaches n’ont pas consommé correctement la ration et les problèmes d’hypocalcémie sont à redouter », explique Patrick Laberge.

Une telle pratique, cependant, est recommandée uniquement pour les bons gestionnaires de troupeau, indique Debora Santschi. Selon elle, les meilleures candidates pour le tarissement court sont les vaches qui produiront assez de lait en fin de lactation (20 kg et plus) pour justifier les jours supplémentaires de traite. « Un minimum de 25 jours de tarissement est essentiel pour que la glande mammaire ait le temps de se refaire », indique-t-elle. De plus, il ne faut pas oublier que la plupart des antibiotiques utilisés au tarissement exigent une période minimale de retrait de 30 jours.

Consultez l’article au complet, avec photos et graphiques, dans votre Bulletin des agriculteurs de juin 2011.

Commentaires