Comment éteindre un lanceur d’alerte

Le congédiement de l'agronome Louis Robert est maintenant officiel. Ça me chicote de voir de quelle façon les responsables du congédiement se sont débarrassés de la rondelle.

Le congédiement de Louis Robert est maintenant officiel. Les grands médias ont finalement fouillé et commenté la nouvelle. Ça nous a permis d’en apprendre un peu plus sur le dossier.

Ça me chicote de voir de quelle façon les responsables du congédiement se sont débarrassés de la rondelle. L’Ordre des agronomes survole le dossier, le MAPAQ tergiverse, le ministre s’enfarge et tout l’entourage cafouille. Une grosse soupe politique. Comme plusieurs agriculteurs autour de moi, je perds confiance envers les politiciens du MAPAQ.

Les réponses sont tellement vagues que certains médias ont tendance à spéculer sur différents scénarios. Maintenant, ce sont les consommateurs qui perdent confiance. On parle de Louis Robert, mais on sait qu’il y en a d’autres, officieusement connus et probablement bien d’autres qui ont sûrement détourné le regard à un moment donné dans leur carrière.

Imaginons qu’on déclencherait un mouvement « me too »! Les résultats pourraient être surprenants. J’ai peur que cet évènement serve de pratique à toute la machine hiérarchique. J’imagine que s’il y a une prochaine fois, la machine sera encore mieux rodée. C’est malheureux, mais j’ai le sentiment qu’on agit comme si on enlevait les batteries de notre détecteur de fumée. Je crains qu’à l’avenir, les lanceurs d’alertes vont hésiter encore plus avant de dénoncer. Que l’alerte fasse notre affaire ou non, vaut mieux en prendre connaissance et corriger la situation au lieu de se mettre la tête dans le sable.

J’utilise des produits homologués par les instances gouvernementales sur la ferme. Certains sont contestés. Si moi je prétends que ce n’est pas dommageable, je n’ai aucune crédibilité, j’en utilise. Si c’est un représentant qui le prétend, on dira qu’il n’a aucune crédibilité, il en vend. On peut alors se rabattre sur les données scientifiques gouvernementales qui sont censées être neutres.

Aujourd’hui, avec le cafouillage médiatique qu’on vient de vivre, qu’on ait des données scientifiques positives ou négatives face à certains produits ou pratiques, plusieurs personnes vont avoir tendance à adhérer à la théorie du complot! Désolant pour les agronomes, chercheurs, agriculteurs qui agissent chaque jour sur le terrain. On pourrait faire moins de politique et fournir plus de financement et de soutien à nos clubs-conseils sous financés qui sont sur le terrain avec nous. Les politiciens du MAPAQ ont tout simplement terni ma profession d’agriculteur!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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