COVID-19 : 60 jours en 60 secondes

Sommes-nous devenus déconnectés, non performants ou dépassés par les évènements?

On l’a découvert. C’était censé durer deux semaines. Pierrette confinée, on a repartagé les travaux. Avec ma blessure j’ai délégué certaine de mes tâches à frérot qui lui a dû repousser des tâches aux employés.

Un autre deux semaines additionnelles et voilà que les tâches administratives s’accumulent. Lave, frotte, désinfecte tout notre environnement à répétition. On entend seulement parler de COVID-19 partout. Je ferme la radio et je mets ma tuque. Eh oui, j’ai l’impression de ne pas sentir le printemps. On gèle et on décide de retarder les semis. Les conditions de sol sont parfaites et on décide d’attendre… De quelques jours, ça passe à plus d’une semaine, ça use et on doute à savoir si on a pris la bonne décision. On se sent un peu seul stationné dans la cour. Coup donc : Il fût un temps où on aurait sauté dans le champ les yeux fermés. Sommes-nous devenus déconnectés, non performants ou dépassés par les évènements?

Changer notre façon de faire, c’est difficile. Encore plus quand on est à contre-courant, mais on juge que si on veut atteindre nos objectifs à long terme c’est ce qu’on doit faire. Pas moyen de se défouler en faisant une petite sortie avec chérie. Tout est fermé. On stresse en mode confinement. Et maintenant, au lieu de parler de la COVID-19 on essaie d’apprendre à vivre avec. On passe notre stress sur un beau projet fabrication qui s’étire un peu. Avec nos nouvelles tâches de travail et d’adaptation on a laissé quelques détails trainés en jugeant que ça ne prendra que quelques minutes à faire. Ma cour est un chantier de construction non terminé: j’ai un arbre de tombé sur le terrain non ramassé, mon sous-sol est plein de bouteilles de bière…vides :-), le tracteur à gazon n’est pas prêt, la piscine non plus. On roule encore avec nos pneus d’hiver et mon projet d’installation de douche est sur pause depuis ma mésaventure.

Après 60 jours, on sent l’accumulation des tâches, du stress qui lui devient épuisant en s’additionnant à un manque de sommeil chronique avec mes côtes qui m’empêchent de bien dormir.  Hier, j’ai enfin senti un peu de soleil sans vent. Ça m’a fait du bien. On saute dans le champ aujourd’hui,  sans tuque, avec ma casquette, au soleil… Ça, ça va me faire du bien!

 

 

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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