L’armée est dans nos champs!

Saviez-vous que deux grandes percées technologiques utilisées aujourd’hui en agriculture sont d’origine militaires?

Pendant ces derniers mois bouleversant de notre histoire, j’ai dû, comme vous, adapter mes façons de faire pour que mon entreprise continue de fonctionner. Qu’il s’agisse, pour ma part, de toujours servir ma clientèle ou, pour le producteur agricole, de maintenir ses opérations ainsi que ses relations d’affaires, les technologies d’Internet et de GPS ont permis d’apaiser quelque peu les difficiles restrictions qui nous ont été prescrites. Mais saviez-vous que ces deux grandes percées technologiques utilisées aujourd’hui en agriculture sont d’origine militaires?

Les Fermes Belvache de Sainte-Anne-des-Plaines, par exemple, ont décidé par mesure de précaution, d’isoler la maison familiale et donc de relocaliser l’ensemble du personnel administratif hors de cette dernière. Pour Audrey et Cloé, à quelques kilomètres mais encore capable de se connecter au réseau Belvache par antennes, l’option « Bureau-à-distance » de Windows a été retenue pour sa transparence d’utilisation. Pour Sophie, l’agronome de l’entreprise, un service VPN (Réseau Privé Virtuel) pour se connecter aux applications et fichiers de gestion a été privilégié. L’Internet est bien sûr au cœur de ses solutions afin d’assurer les communications entre les services.

Alors que le printemps ce pointe à l’horizon, les travaux aux champs sont en préparation. Ainsi, le nivellement, l’ensemencement et la plantation sont planifiés et réalisés grâce aux logiciels de cartographie assistée par GPS. Pour les producteurs qui accueillent des travailleurs étrangers, ils doivent prévoir des services pendant leur quarantaine afin de minimiser l’impact du difficile isolement. Leur donner accès au téléphone, aux réseaux sociaux, à Internet, à du contenu télévisuel en espagnol.

Devant cette réalité, je ne peux m’empêcher d’avoir une réflexion non partisane quant à l’apport des services militaires dans nos gestes quotidiens d’aujourd’hui. Bien loin des conflits militaires et des implications sociaux-politiques de ses intervenants de dernier recours, il n’en demeure pas moins que sans le premier satellite Spoutnik lancé en 1957 par l’ex-URSS, le GPS aujourd’hui n’existerait pas. Et que penser des recherches de la National Physical Laboratory de Grande-Bretagne en 1965, appliquées quatre années plus tard par l’armée américaine sous le nom d’ARPANET? L’Internet d’aujourd’hui n’existerait tout simplement pas non plus.

Il m’est difficile d’imaginer un monde sans Internet ni GPS dans ma vie en général et plus précisément en agriculture. Je sais que certains lecteurs pensent que le monde se porterait probablement mieux sans Internet. Je me permets quelque part de partager cette pensée face à la bêtise humaine, mais je reste quand même stupéfait de l’apport important de ces technos au monde agricole moderne.

Nous prenons ces fantastiques services pour acquis, comme bien d’autres technologies à portée de mains comme le cellulaire, une version sans-fil du bien connu téléphone d’Alexander Graham Bell. Mais que savons-nous de ces savantes inventions que sont l’Internet et le GPS?

À quelque 20 000 km au-dessus de nos têtes, une constellation de 27 satellites fait le tour de la terre à toutes les 12 heures. Quatre de ces satellites sont suffisants pour qu’un récepteur GPS rapporte sa position sur terre. Issu d’initiatives militaires d’abord à usage exclusive pour l’armée américaine, le GPS a été mis à la disponibilité du grand public en 1983 par le président Ronald Reagan. Cette annonce est survenue à la suite de la destruction d’un avion civil en territoire soviétique à cause d’une erreur de navigation sans GPS. Depuis, nous, simples citoyens, bénéficions de la même précision militaire de positionnement qu’amène cette technologie de l’espace.

Que dire de la formidable ascension d’Internet depuis sa disponibilité au grand public en 1991? Peu de gens savent qu’à l’origine, Internet était un projet de communication militaire censé résister aux attaques de l’agresseur. Advenant la destruction d’un nœud de communication, le système redirigerait tout simplement ses connexions par un réseau de liens à l’agencement semblable aux fils d’une toile d’araignée, d’un Web quoi. Depuis, avec le support d’autres technologies telles que la fibre optique et les communications par paquets, Internet connecte aujourd’hui et en temps réel le monde entier.

Je terminerai cette chronique en mentionnant que malgré un bond prodigieux en demande Internet durant cette pandémie, le Web est resté debout à servir sa clientèle, tout comme les producteurs du Québec ont su s’adapter pour continuer à nourrir sa population. Chapeau à vous!

à propos de l'auteur

Collaborateur

Jean-Louis Dupont

Jean-Louis Dupont, diplômé en technologie par microprocesseur, est concepteur de solutions technologiques et réseautiques depuis plus de 30 ans. Il rédige la chronique Info branché dans le magazine Le Bulletin des agriculteurs.

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