Le printemps ne s’annule pas

Nous serons à la hauteur, dans l’ombre, fidèle au poste comme toujours

Confinement, jour 19. Je n’ai jamais vécu ça! Encore moins imaginé… Faut croire qu’on n’aura jamais tout vu. Me semble qu’avant ça se passait ailleurs. On fini par se croire invincible et à l’abri de tout. Maintenant, on ne niaise pas avec ça!

On a confiné Pierrette chez elle. Si tu as besoin de quelque chose, fais-nous signe, on va s’en occuper. Dis-toi que c’est un coup à donner pour 14 jours. À voir aller le processus, on se doutait bien que ça serait beaucoup plus long. Normalement, quand la période semence approche, on se « confine » dans l’atelier pour se préparer. C’est bien différent du confinement actuel où tout autour de nous se referme sur lui-même. L’agenda passe au mauve au fil des évènements annulés. Réunions, conférences, rendez-vous en physiothérapie tombent comme un château de cartes sous un léger coup de vent. On se prépare dans l’atelier en repensant comment on va intégrer nos employés sur la ferme sans s’exposer inutilement. On réalise l’importance des fournisseurs de soutien comme notre quincaillerie, nos fournisseurs d’intrants, nos services agronomiques, le fournisseur de roulement de pièces ou de fournitures d’équipements de soudure etc. Il ne faut aucun chaînon manquant,  sinon c’est la catastrophe…parce que le printemps ne s’annule pas, lui.

Je me dis toujours que si par malheur un de nous devait être atteint du virus, automatiquement notre cellule de travail se retrouverait en isolement pour 14  jours. Donc, faut être prudent. On repense notre façon de travailler et d’échanger. On s’éloigne les uns des autres. La porte de l’atelier est barrée. Nos camionneurs attendent leur billet de classement dans leur camion. Il y a quand même échange de documents. Alors, maintenant on regarde la possibilité de transférer la photo du billet directement dans leur téléphone.

Malgré que la planète soit en mode pause, le printemps est là. Je dois semer si je veux récolter. C’est plus qu’une question d’assurer notre performance financière, mais bien de s’assurer de combler la demande. Si on peut vivre une panique pour du simple papier de toilette, le fait d’avoir des tablettes d’épicerie à moitié remplies serait une catastrophe. Wow, j’ai ressenti un grand sentiment de fierté! Notre premier ministre qui dit merci aux agriculteurs! Ça fait du bien. Merci à vous de le souligner. Nous serons à la hauteur. Dans l’ombre, fidèle au poste comme toujours. Fiers et privilégiés de bien nourrir nos gens. Profession agriculteur!

 

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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