Meilleur avant…ou « passé date »

Nous avons reçu 9 mm de pluie 12 heures avant la récolte de nos petits pois. Assez pour les garder verts et trop tard pour récupérer sur le rendement. Sentiment partagé…soulagé de les avoir au moins récoltés avec une bonne qualité mais déçu de ne pas avoir profité de l’effet pluie une douzaine d’heures de plus.

Comme sur les étiquettes à l’épicerie : meilleur avant…rien ne dit que ce n’est pas mangeable après, mais comme consommateur on demeure aux aguets et au moindre soupçon on est tenté de tout jeter dans le bac brun. J’essaie de ne pas jeter le blâme sur les conditions météo, mais plutôt de m’interroger sur ce que j’aurais pu faire de mieux en amont, pour la prochaine fois, parce qu’il y en aura de plus en plus. Ce ne sont que les premières brides des changements climatiques que l’on vit et je dois m’y préparer pour être capable d’y faire face dans les prochaines années. Satisfait de constater que notre sol était bien préparé et sûrement sans zones compactées pour avoir tenu le champ tout vert jusqu’à la toute dernière minute. Facile de comparer avec nos bouts de champ qui en souffraient beaucoup plus. Légère pluie ce matin…enfin! Trop tard pour le blé? Embêtant à dire, mais je dois m’attendre à baisser mes objectifs de rendement. Tout ça pour une simple pluie passée date. Je me console en me disant que c’est probablement juste assez pour redresser les autres cultures au champ qui attendent patiemment. Probablement juste à temps pour faire redémarrer le petit trèfle en sous couvert du blé d’hiver. J’en profite pour observer nos zones où le maïs et le soya souffrent le plus. Pourquoi ça roule ici et pas là? Même pluie, même rang, même champ. On localise, on sort la pelle et on consulte notre historique de champ pour établir un diagnostic.

Je dois apprendre à observer et à mieux travailler nos sols tout en me fusionnant aux conditions météo si je ne veux pas devenir un agriculteur « passé date »! Profession : Agriculteur

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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