Pour quand l’arrivée d’Internet haute vitesse en région?

On nous promet depuis quelques années au Québec un accès Internet haute vitesse pour tous, même en région rurale. Où en sommes-nous aujourd’hui?

Il existe deux types de débits (vitesses) à considérer dans les forfaits offerts par nos fournisseurs de services Internet, soit en aval et en amont. En aval, il s’agit de la vitesse pour recevoir un film, une chanson ou pour voir notre interlocuteur sur Skype. On l’appelle également débit en téléchargement, entrant ainsi que download. En amont, c’est la vitesse pour envoyer un fichier ou une photo sur Dropbox, transmettre un courriel ou pour être vue par l’autre sur Skype. Cette dernière est aussi appelée téléversement, sortant ou upload.

Jusqu’à dernièrement, les forfaits proposaient des vitesses dites asymétriques, c’est-à-dire inégales en aval et en amont. Par exemple, un forfait 5/1 représentait des vitesses respectives de 5 Mbit/s en aval et 1 Mbit/s en amont. Depuis, nos habitudes de consommations ont considérablement changé avec la venue des applications et jeux interactifs, des échanges multimédias, du télétravail qui requièrent non seulement des vitesses plus grandes, mais aussi un débit plus symétrique, c’est-à-dire plus égal en entrée et en sortie. On nous présente maintenant des forfaits typiques de 15/10, 50/50, voire même 1000/750 et plus.

Qu’est-ce qui est considéré Internet haute vitesse (IHV) alors? 10/5, 50/10, 100/100? Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) s’est penché sur la question en analysant la consommation canadienne type et annonce en 2016 non seulement considérer des vitesses de 50 Mbit/s en téléchargement et 10 Mbit/s en téléversement comme étant IHV, mais en plus déclare l’IHV comme étant un service essentiel pour tous les Canadiens. Selon moi, si cette étude devait être refaite aujourd’hui, ce serait alors un 50/20 qui serait à considérer.

Comment nos gouvernements songent-ils en arriver à un Canada connecté IHV?

Avec l’aide des programmes Québec branché et Brancher pour innover du Canada, plus d’un milliard de dollars seront consacrés à des initiatives de connectivités IHV à travers le Québec d’ici 2021. Bien sûr, les grands joueurs sont déjà à implanter ou à présenter leurs offres pour les régions urbaines et semi-urbaines, mais beaucoup de plus petits joueurs sont également invités à proposer leurs plans pour connecter les régions moins densément peuplées. C’est le cas, par exemple, de la MRC Montcalm en banlieue nord de Montréal. Avec son projet Luciole, elle projette de connecter à l’IHV ses citoyens hors du périmètre urbain par un réseau de fibres optiques tout neuf.

Si vous demeurez en région semi-urbaine, vous bénéficiez probablement déjà de ces initiatives par le passage d’une fibre optique nouvellement installée devant chez vous offrant des vitesses de 50 Mbit/s et plus. Mais attention, si la fibre ou le câble n’est pas économiquement justifiable de passer, le financement du programme canadien ne cible alors que 5 Mbit/s pour ces résidences plus difficiles d’accès. Des technologies sans fil dites de « dernier mile » sont cependant prévues pour répondre aux régions non filées.

D’ici 2022, il y aura des offres de sans fil qui pourraient livrer bien au-delà de 5 Mbit/s pour certaines régions rurales. En effet, 2022 est une date stratégique pour la mise en place de services cellulaires 5G au Canada. Cette technologie permettra d’offrir des forfaits sans fil supérieurs. Ces clients n’auront plus rien à envier aux clients filés.

Où en est-on?

En mars prochain, un bilan de mi-parcours du programme Québec Branché devrait sortir. Dans l’ensemble, l’état d’avancement du programme accuse un certain retard, selon un récent communiqué du ministère de l’Économie et de l’Innovation. Le gouvernement du Québec actuel mentionne vouloir un Québec connecté pour 2022, alors que les avis de certains experts proposent plutôt une réalisation plus concrète dans un second mandat.

Entre-temps, si l’attente pour l’IHV est trop longue ou les besoins requièrent une attention immédiate, il reste les services point à point! Venez en discuter avec moi au Salon de l’agriculture de Saint-Hyacinthe en janvier prochain ou écrivez-moi sur mon blogue au Bulletin.com pour en savoir plus!

à propos de l'auteur

Collaborateur

Jean-Louis Dupont

Jean-Louis Dupont, diplômé en technologie par microprocesseur, est concepteur de solutions technologiques et réseautiques depuis plus de 30 ans. Il rédige la chronique Info branché dans le magazine Le Bulletin des agriculteurs.

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