Rentabiliser l’entreposage

Nos silos sont pleins, vous le savez déjà! Fini le temps où on se contentait d’entreposer en attendant de voir ce que le marché allait nous offrir. Même sans hausse majeure du contrat à terme, on peut réaliser des gains en capturant les écarts de prix (spread) entre les contrats à terme.

Ces écarts sont variables et représentent ce que le marché est prêt à offrir pour compenser l’entreposage. Si on le suit attentivement, il est assez courant d’obtenir un gain net d’environ 0,25 $ à 0,30 $ le boisseau pour une livraison en décembre au lieu de livrer en pleine récolte. Il s’agit de combiner l’écart de prix de contrat à terme de décembre avec celui de mars, plus une base régulièrement plus généreuse et le tour est joué!

Quand je discute avec nos clients, j’appelle ça faire la « run d’épicerie ». Des livraisons régulières tout l’hiver avec une base qui s’apprécie pour compenser les frais d’intérêts, d’entreposage et de service. Une fois la base négociée, on peut faire plusieurs combinaisons de capture de prix pour obtenir un portefeuille de vente flexible.

Cette année, avec la récolte abondante aux USA, le marché indique clairement qu’il veut du maïs plus tard dans le temps. Sans faire de grande prédiction sur le potentiel de hausse des contrats à terme, on obtient aujourd’hui un gain net de 0,46 $ le boisseau du contrat à terme de décembre 2017 à décembre 2018. Je trouve ça vraiment intéressant. On peut vendre aujourd’hui du maïs pas semé et loin d’être récolté à plus de 200 $/Tm.

C’est ce qui est plaisant dans le marché des grains. On peut construire notre prix sur plusieurs mois avant et après la récolte. Il s’agit d’établir des objectifs clairs dans notre plan stratégique de commercialisation. Même entreposée, notre récolte 2017 est à 60 % vendue et me voilà déjà en chasse d’opportunités pour notre récolte 2018.

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