Professionnel de la production bovine

La Ferme BoviOr de William Hamelin est située à Saint-Raphaël de Bellechasse.

Publié: il y a 1 heure

André et William Lemelin de Saint-Raphaël de Bellechasse.

Quand on visite l’entreprise avec William Lemelin à Saint-Raphaël, dans Bellechasse, un mot nous vient en tête: professionnel! Ce jeune producteur bovin est un professionnel de sa production. En effet, tout est planifié pour rendre son entreprise efficace. Et cela veut aussi dire d’avoir des installations fonctionnelles.

William en est à sa 13e année comme propriétaire unique de sa ferme, même si son père André et son oncle Denis ne sont pas très loin. William est la 3e génération de la ferme de son grand-père Léopold reprise par son oncle à l’époque.

En 2003, Denis a vendu les vaches laitières et le quota pour entrer des animaux de boucherie. Chaque année, William et son frère Étienne passaient les étés et les fins de semaine à la ferme. Alors qu’il était au cégep en sciences de la nature dans le but de devenir vétérinaire, William se fait offrir par son oncle d’acheter la ferme.

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Il fait donc le saut vers une formation en gestion et technologies d’entreprise agricole à l’ITAQ et rachète la ferme en 2013. Il n’avait que 21 ans! À l’époque, l’entreprise comptait 75 vaches. Il y en a aujourd’hui 130, en plus de 135 hectares en cultures et 8000 entailles.

Durant l’hiver, la majorité des vaches sont gardées dans un enclos d’hivernement. Elles ont trois mangeoires et six brise-vents mobiles en plus d’une bâtisse où elles peuvent aller se coucher en hiver. Les vaches sont un mélange de Simmental-Angus et Hereford. Un taureau Charolais est utilisé en terminal. Photo: Yvon Thérien 

La ferme porte le nom BoviOr pour représenter les deux productions de l’entreprise: les bovins et l’or blond, soit le sirop d’érable. William a débuté avec les installations de son oncle, mais les a améliorées pour les rendre plus fonctionnelles. C’est que les connaissances ont évolué et que William est bien formé, en plus d’avoir été appuyé par des conseillers Bovi-Experts.

Il est curieux et il s’informe. Il veut des données sur les performances de son troupeau. Il démontre que la production bovine a sa place dans le paysage québécois. «J’ai gardé ça en mémoire que lorsque j’aurai ma ferme, la production bovine est aussi noble que la production laitière», dit-il.

Nouvelle construction

Une étape importante vient d’être franchie avec la construction d’une nouvelle étable avec fosse couverte pour loger les bouvillons, les animaux de remplacement, en plus de l’aménagement d’un corral couvert. Cet équipement est essentiel pour manipuler les animaux de façon sécuritaire et collecter les données de production. Il est constitué d’un jeu de barrières et d’une cage munie d’une balance. Il y en avait un sur la ferme, mais il était moins fonctionnel.

Dans le nouveau bâtiment, quatre enclos permettent de loger 20 bouvillons ou taures de remplacement. Ils sont logés sur litière accumulée retirée une fois par année. Cette tâche était prévue pour le lendemain de la visite. Photo: Yvon Thérien

À l’automne 2023, grâce à une subvention liée à l’entreposage de fumier, il a débuté la construction. La bâtisse est entrée en fonction l’été suivant. Elle est conçue pour loger 80 sujets, soit 60 bouvillons et 20 animaux de remplacement. Il y a quatre parcs pouvant loger 20 bouvillons ou taures de remplacement sur litière accumulée. Ils font 30 pieds sur 30 pieds (9,14 mètres) en plus d’une zone d’alimentation de 14 pieds (4 mètres) de profond. Les clôtures facilitent la manipulation des animaux et le nettoyage. Un grillage au plafond protège l’endroit des oiseaux, en particulier les pigeons. Les murs sont ajourés pour une meilleure ventilation. «Ça va numéro un», dit William. Le bâtiment a aussi un quai de chargement conçu pour faciliter l’entrée des animaux.

Dans l’ancienne partie, jusqu’à 25 veaux sont sevrés en présence de leur mère dans un enclos adjacent. «On a vraiment vu une différence, raconte William. Habituellement, les veaux beuglent, mais maintenant, ce sont les mères qui beuglent.» Elles appellent leurs petits pour qu’ils viennent boire, mais ils ont tout ce dont ils ont besoin. Le sevrage a lieu à environ 250 jours d’âge. Les femelles sont sélectionnées pour le remplacement. Les autres veaux sont envoyés à l’encan ou gardés comme bouvillons.

Le corral a été installé à l’extérieur, le long du nouveau bâtiment avec une dalle de béton et un toit. La cage et son couloir ont été éloignés du mur pour faciliter la manipulation de chaque côté du couloir et de la cage. Toutes les parties de l’animal sont accessibles. Le déplacement des animaux utilise le principe Bud Box. Les animaux ont tendance à vouloir revenir d’où ils viennent et les clôtures utilisent ce principe. «Bien installé, ça fait gagner du temps», dit William. Et le temps, c’est de l’argent, comme lors des visites du vétérinaire.

Des bâtiments existants complémentaires

Le nouveau bâtiment complète les aménagements en place pour loger les animaux. De la fin de l’automne au printemps, les quelque 70 vaches ayant vêlé à la fin de l’été et au début de l’hiver sont dans l’enclos d’hivernage avec leurs veaux. Elles ont accès à trois mangeoires et sont protégées par six brise-vents mobiles. Les vaches ont accès à une zone de couchage sur sol gelé couverte d’une épaisse couche de paille. L’abreuvoir est dans un bâtiment à proximité, une ancienne porcherie achetée par son oncle.

William a installé un autre abreuvoir cet automne près des brise-vents pour que les vaches ne soient pas restreintes en eau. Le bâtiment à proximité permet aux vaches de s’y réfugier lorsqu’il fait mauvais. Depuis l’achat de la ferme, William l’a modifié pour apporter une meilleure ventilation avec une large porte et un meilleur éclairage avec le haut d’un mur couvert de plastique. Un enclos pour l’alimentation à la dérobée y est disponible pour les veaux. En été, l’enclos d’hivernage est semé en herbe du Soudan à la fin juin. Il récupère normalement une quarantaine de balles de foin. Il en a eu à peine plus de la moitié cette année en raison de la sécheresse.

L’ancienne étable laitière loge le troisième groupe de vaches, les taries. On y retrouve huit parcs de vêlage pour environ 12 vaches. Quatre caméras surveillent les vaches. Une fois qu’elles ont vêlé, les vaches et leur bébé sont envoyés dans un grand enclos. Un tiers des vaches du troupeau vêlent ainsi à l’intérieur, en décembre et en janvier. Les autres vêlent au champ, soit en mai-juin ou en août-septembre. À l’origine, les vaches vêlaient toutes en mars, mais William a modifié cette saison de vêlage pour la presque totalité des vaches afin d’avoir plus de temps pour l’érablière.

William est fier de ses installations et des performances qu’elles l’aident à obtenir. Elles facilitent la prise de données d’élevage grâce à la tête de balance et au bâton de lecture. Les sevrages de l’année ont donné un poids moyen au sevrage de 705 livres (320 kg) en 260 jours pour un gain moyen quotidien de 2,7 livres par jour (1,22 kg/jour). Seulement deux vaches ont avorté pour un taux de mise bas de 99 %, soit 0,98 veau par vache d’efficacité reproductive. «Pour les mâles, on approche les trois livres de moyenne», dit fièrement William à propos du gain moyen quotidien.

Cet article de Marie-Josée Parent est une version tirée et adaptée du magazine de décembre du Bulletin des agriculteurs.

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.