Les oiseaux en déclin

Certaines espèces ont vu leur nombre dégringoler tandis que d'autres vont mieux

Un rapport préparé conjointement par plusieurs organismes, dont Environnement Canada et Changement climatique Canada, dresse un portrait de la situation de plusieurs espèces d’oiseaux au pays, en se basant sur des données récoltées depuis 50 ans.

Parmi les constats, les populations d’oiseaux de rivage, d’oiseaux de prairie et d’insectivores aériens ont connu des déclins rapides, tandis que les populations de sauvagine et d’oiseaux de proie se sont rétablies après des creux historiques.

Parmi les bons coups, on cite les régulations pour interdire le pesticide DDT, la gestion active de la chasse, et la protection et la restauration d’habitats importants qui ont permis de restaurer des espèces dont les canards. Les oies ont tellement accru leur population qu’on estime qu’elle pourraient nuire à d’autres espèces.

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De l’autre côté, le Canada a perdu de 40 % à 60 % de ses effectifs d’oiseaux de rivage, d’oiseaux de prairie et d’insectivores aériens. Dans la dernière décennie, 80 % des espèces d’oiseaux nouvellement évaluées comme étant menacées ou en voie de disparition au Canada sont des insectivores aériens ou des oiseaux de prairie. À cela s’ajoute 10 oiseaux de rivage déclarés espèces candidates prioritaires aux fins d’évaluation pour vérifier leur statut.

Les oiseaux de rivage qui migrent sur de grandes distances ont connu une diminution plus marquée que les autres espèces d’oiseaux de rivage. L’histoire est un peu semblable pour les oiseaux forestiers qui migrent en Amérique du Sud où le déclin est plus marqué. La diminution de leur habitat est soupçonné, ce qui serait le cas aussi des oiseaux séjournant l’hiver au pays. On soupçonne dans ce cas que le déclin reflèterait une détérioration de l’état de santé des forêts canadiennes.

La situation se rétablit pour certains oiseaux dans des catégories sensibles. Les effectifs des insectivores aériens, comme l’engoulevent d’Amérique et l’hirondelle rustique, ont fortement chuté à partir des années 1980, mais ils se sont récemment stabilisés, tout en demeurant faibles.

Les oiseaux qui dépendent exclusivement des prairies indigènes pour leur reproduction et leur hivernage ont connu le déclin le plus important avec une chute de 87 %.

Les organismes associés au rapport recommandent la conservation de terres côtières, des pratiques agricoles durables et des mesures efficaces de lutte contre les changements climatiques pour renverser la tendance.

Pour voir le rapport: Le rapport sur l’état des populations d’oiseaux du Canada 2019

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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