Des rendements variables d’une culture et d’une région à l’autre au Québec

Les cultures ont accumulé un retard en raison du printemps difficile qu’elles n’ont jamais été en mesure de rattraper, confirme le dernier État des cultures de la Financière agricole. Les récoltes sont en retard dans la majorité des cas, que ce soit pour les fourrages, les céréales et le maïs-fourrager où le secteur maraîcher. Plusieurs évènements climatiques exceptionnels ont influencé la saison, notamment des inondations, des épisodes de grêle et de la sècheresse.

La bonne nouvelle est que le beau temps de septembre et octobre a permis de sauver la mise et  d’obtenir somme toute des rendements où la qualité est au rendez-vous, même si la récolte est moins abondante. Il a fait jusqu’à 7 degrés de plus que les normales dans la première semaine du mois et 6 degrés de plus pour la deuxième semaine. Le temps anormalement chaud n’a pas toutefois freiné le gel qui a affecté presque toutes les régions, à l’exception de certains endroits en Montérégie. La région de Montréal s’enligne pour battre un record pour le gel le plus tardif tandis que l’automne 2017 est le plus chaud jamais enregistré et le 4e automne consécutif à battre des records de chaleur. L’absence de pluie se fait cependant sentir et les sols sont secs dans les régions du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie, de Lanaudière et de Laurentides-Laval. En raison du faible rendement, certaines régions devront acheter du fourragers pour combler la faible des deuxième et troisième coupes.

Au 17 octobre, 61% des récoltes de soya étaient complétées contre 78% pour la moyenne des quatre dernières années. Le rendement serait un peu inférieur à la moyenne mais il s’annonce meilleur dans la région de la Capitale-Nationale, de l’Estrie, de la Montérégie et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La qualité devrait être supérieure à la moyenne.

Pour le maïs-grain, 2% des superficies étaient récoltées contre une moyenne de 14% des quatre dernières années. C’est dans le secteur de Saint-Hyacinthe que les travaux sont le plus avancés avec 5%. Le beau temps a favorisé la maturité du maïs et le retard du début de saison ont été en partie rattrapé. Selon la Financière, « les rendements s’annoncent autour de la moyenne ou légèrement inférieurs à celle-ci. La qualité s’annonce bonne partout, mais autour de la moyenne en Mauricie et dans Lanaudière ».

Pour les autres cultures, les récoltes progressent mais avec un retard. Il reste encore 2% du blé à récolter tandis que 92% des céréales sont terminées, avec des rendements autour de la moyenne et une bonne qualité. Le maïs fourrager est bien avancé avec des rendements moyens et une qualité supérieure à la moyenne. Le canola est en retard avec 555 des récoltes complétées. Une prorogation de la date de fin de récolte a été nécessaire dans le secteur d’Alma. Les rendements s’annoncent autour des moyennes, tandis que la qualité devrait être supérieure à la moyenne.

Les légumes ont connu le même sort. Pour les légumes feuillus et les légumes racines, 40 à 100% des superficies sont récoltées. La qualité est supérieure à la moyenne avec des rendements moyens ou en dessous de la moyenne.

Pour ce qui est des pommes, certaines régions doivent encore compléter la récolte qui est considéré bonne au niveau du rendement et de la qualité.

On rapporte 4335 avis de dommages comparativement à 3150 à la même période

l’an passé. Les trois principales causes de dommages sont en ordre d’importance: excès de pluie, grêle et sécheresse. Les indemnités totalisent 9,52 M$. Un peu plus de 4 M$ ont été versés en indemnité l’an dernier tandis que la moyenne sur cinq ans est de 8,7 M$.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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