Des résultats au-delà des attentes dans le maïs

Les premiers tours de moissonneuse-batteuse dans les champs de maïs ont offert une surprise inattendue, mais bienvenue. Des rendements plus élevés que prévu, compte tenu de tous les facteurs défavorables que ces cultures ont affronté depuis le début de la saison. “On est plus optimiste qu’au moment où la gelée hâtive est survenue”, indique Stéphane Myre, agronome en Montérégie pour Dekalb.

Dans plusieurs endroits de la Montérégie, des producteurs ont pu entrer dans les champs pour un début de récolte précoce. À Saint-Hyacinthe, un producteur a même complété 250 acres de récolte, rapporte M. Myre.

Les rendements sont surprenants: de 4,8 à 5 tonnes l’acre à Saint-Grégoire et les environs de Saint-Jean-sur-Richelieu. Puis, 4 tonnes pour des zones situées entre Candiac et Valleyfield. À Napierville, les rendements rapportés se situent aux alentours de 12 tonnes l’hectare et grimpent jusqu’à 14-15 tonnes l’hectare à Saint-Chrysostome. Avec le beau temps du dernier week-end, les taux d’humidité étaient également favorables avec des taux avoisinant les 22% à 25%, avec des pointes à 27%-28% pour les variétés plus tardives.

Le poids spécifique est également très bien de 68 kg à 7o kg l’hectolitre. Dans certains champs, les grains ont affiché de 70kg  à 72 kg à l’hectolitre.

En bref, à la lecture des premiers résultats, 2020 devrait se situer au niveau du rendement dans la moyenne haute par rapport à une année normale, tant aux niveaux du rendement, de la qualité et du séchage.

Ces bonnes nouvelles viennent toutefois avec une importante réserve. “La variabilité est importante cette année, d’une région à l’autre”, avertit l’agronome.

La sécheresse qui a sévi pendant de longs mois durant la croissance du maïs a laissé des traces dans certaines régions. Les rendements sont nettement moindres par endroit en réaction directe au manque d’eau. C’est le cas, par exemple, à Sherrington et à Saint-Jacques-le-Mineur, tout comme au sud de Montréal et le long du fleuve, comme à Varennes et Verchères. Les alentours de Saint-Hyacinthe sont aussi affectés, tels que Saint-Simon, Saint-Pie et Saint-Césaire. “Des producteurs voyaient des nuages passer à un kilomètre de chez eux sans que rien ne tombe sur leurs terres (…) Il y a des endroits où ça été beaucoup plus sec et on va voir les impacts sur les rendements. On devrait se situer dans la moyenne basse au niveau des rendements, par rapport à une année normale.”

Des conditions somme toute bonnes
À quoi attribuer ces rendements inattendus? Le gel hâtif de septembre avait en effet réduit les attentes de plusieurs, puisque la maturité n’était pas atteinte dans plusieurs cas. La sécheresse laissait craindre aussi des rendements moindres avec des épis plus petits et une levée inégale dans les champs. Les appréhensions chez les producteurs étaient nombreuses également après avoir été échaudés par la fin de saison de 2019.

Finalement, 2020 n’a rien à voir avec 2019, du moins pour le moment, explique Stéphane Myre. “On a eu de belles semaines de chaleur cette année, ce qui est complètement différent de 2019 où il a fait froid pendant une bonne partie de l’année. La chaleur a fait une grosse différence sur la qualité du maïs. La pollinisation s’est bien déroulée fin juillet et les épis ont été bien polonisés. Ça a donné des plants plus courts, mais des épis bien garnis.”

Et bien que le gel ait mis le holà sur la croissance des plants, il semble que la maturité ait été assez avancée pour avoir peu d’effets sur le rendement. La sécheresse a également eu du bon puisqu’elle a tenu au large les insectes et la maladie. Stéphane Myre a noté des cas de chrysomèle et de ver-gris occidental, bien que ce prédateur ait été moins présent que l’an dernier. La maladie fongique pourrait apparaître toutefois dans le cas d’épis abîmés par les insectes ou les oiseaux.

Reste à voir maintenant quels seront les rendements ailleurs au Québec à mesure que la saison des récoltes avancera. Le temps sec qui avait favorisé un début précoce (8% en Montérégie en fin septembre, selon la Financière agricole) a cédé la place à de la pluie qui retardera les travaux. Les pronostics sont toutefois bons en Estrie, qui n’a pas manqué d’eau, ainsi qu’au Centre-du-Québec, selon les prévisions de la Tournée des grandes cultures du Québec. Il semble aussi acquis qu’on n’assistera pas à une répétition de 2019.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires