Encore un peu de temps pour magasiner ses fertilisants

Depuis la baisse des taux d’intérêt au début de l’année et la baisse du dollar qui en a résulté, les prix de nombreux intrants ont été bousculés. C’est le cas pour les engrais qui sont produits pour la plupart à l’étranger. Mais il ne faudra pas s’attendre à un escompte des engrais produits au Canada puisque leur prix est ajusté selon le marché nord-américain.

Gilles Lavoie, Directeur principal aux Services des fertilisants Secteur Productions végétales chez Elite ne voit pas d’importantes modifications d’ici la fin de l’hiver puisque les commandes ont déjà été passées mais il ne faudrait pas attendre pour certains types d’engrais.

Pour la potasse, la consommation a atteint des records en 2014. Avec une demande forte, les prix devraient évoluer à la hausse, surtout avec l’ajustement à la baisse du dollar canadien. Il prévoit de possibles hausse avec une fourchette de 25 à 30$/tm.

Au niveau de l’azote, les prix étaient prévus se stabiliser jusqu’en mars avec un recul par la suite puisque les besoins diminuent, autant en Europe qu’en Amérique du Nord. Pour avoir le produit à temps pour les semis, il recommande de ne pas attendre pour en acheter. Les prix seraient stables pour la solution azoté, un produit qu’il est possible d’attendre avant de se le procurer, puisque les besoins sont en juin. Le prix des nitrates seraient par contre à la hausse puisqu’ils sont produits en Europe.

Le phosphore devrait aussi connaître des prix fermes pour le DAP, le MAP et l’urée jusqu’en mars, puisque l’offre n’est pas abondante.

Pour les prix futurs, il faudra surveiller les variations du dollar canadien mais ce dernier ne devrait pas fluctuer de manière importante à la hausse ou à la baisse.

Mine St-Arnaud

Sur le sujet des engrais, le gouvernement a donné son accord à la mine Saint-Arnaud, situé à Sept-Îles. Le minerai exploité est l’apatite qui constitue l’ingrédient principal du phosphore. Denis Lévesque, de Synagri, voit peu d’impact pour le secteur des engrais au Québec puisque la mine appartient en partie à la société norvégienne Yara. « Les quantités extraites ne seront pas assez importantes pour justifier la construction d’une usine au Québec. La roche devrait partir par bateau pour être transformée en Norvège ».

L’apatite contient plus de 41 % d’oxyde de phosphore, ce qui en fait la source la plus importante de phosphate. Elle est aussi l’un des trois composants primaires des engrais minéraux.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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