Peut-on rendre la sécheresse moins sèche ?

 

*Depuis quelques semaines, plusieurs régions ont reçu heureusement de la pluie.  Les gazons ont reverdi mais tout le monde s’entend pour dire que les stocks en fourrage sont très bas.  Aurait-on pu amoindrir un peu l’effet du déficit hydrique qui a tant ralenti la croissance des plantes fourragères?  Je n’ai pas de baguette magique mais voici quelques pistes de solutions afin de mieux s’armer contre un nouvel épisode de sécheresse.

Diminuer la compaction dans les champs.

Les racines ne peuvent pas descendre assez profondément dans un sol compacté alors il sera difficile pour elles d’aller chercher l’eau d’une nappe phréatique plus basse.  On le sait, la fléole qui a un système racinaire superficiel est la première graminée à souffrir d’un manque d’eau.  Imaginer alors les racines plus en surface dans un sol compacté, vous comprendrez pourquoi elles souffrent rapidement du manque d’eau.

De plus, lorsque la pluie finit par arriver, souvent sous forme d’orage,  l’eau a tendance à ruisseler et a plus de difficulté à pénétrer dans le sol.  Le déficit hydrique alors ne s’améliore guère.

Chauler!! Ceux qui me connaissent bien savent combien de fois je le dis souvent!! 

Un champ qui possède un pHeau < 6,5 est moins bien structuré parce qu’il manque de calcium et de ce fait, les racines ont de la difficulté à s’enraciner en profondeur et ne peuvent aller chercher l’eau.  Les plantes fourragères qui ont alors de la difficulté à pousser commencent également à manquer d’éléments fertilisants, ces derniers étant moins disponibles en pHeau acide.  Cette croissance moins exubérante des plantes fourragères favorise l’implantation des plantes vivaces avec rosettes.  Il n’est pas rare de voir des marguerites et des boutons d’or dans  sol acide (pHeau < 5,8).

Fertiliser en potasse

La persistance de la luzerne dans les champs ayant une teneur en potassium < 150 kg/ha est très difficile.  Une persistance plus faible crée des trous dans les champs pour laisser de la place aux plants de pissenlits.  Cette végétation plus basse offre alors peu de résistance aux vents asséchants.  De plus, comme la luzerne prélève une quantité astronomique de potassium, il est important de pouvoir lui en procurer suffisamment afin qu’elle puisse en accumuler dans ses réserves pour passer l’hiver.

Appliquer du fumier

Surtout pour augmenter la matière organique des champs afin que la minéralisation puisse bien se faire et ainsi relâcher l’azote nécessaire pour faire pousser et faire taller rapidement les graminées fourragères.   Moins on a de matière organique, moins le sol a la capacité de retenir l’eau.

Fertiliser en azote

Si l’azote n’est pas disponible pour les plantes fourragères lors d’un printemps froid, comme on a connu cette année, moins le rendement fourrager de la première coupe sera intéressant. De plus, comme la végétation se développe moins en absence d’azote, le sol est moins bien couvert et l’effet asséchant lors des canicules se fait plus ressentir.

Il reste maintenant à choisir les bonnes espèces

Il n’y a rien de facile, même avec tous les éléments clés dont je viens de vous parler.  L’eau est nécessaire pour le rendement mais travaillons sur ce que nous pouvons !

*Texte réalisé en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères. Les propos exprimés dans le texte relèvent toutefois de l’auteur et n’engagent pas le CQPF.

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