Huit conseils pour l’entreposage du grain à long terme

Le grain de plusieurs producteurs s’apprête à passer de long mois dans les silos avant d’être dirigés vers leur destination finale. Certaines précautions sont d’usage pour conserver la qualité des grains et les conditions d’entreposage pour ne pas être obligé de livrer plus tôt que prévu en raison d’une détérioration de l‘environnement.

  1. Préparer les silos

La première étape pour obtenir un grain de qualité est de s’assurer que les installations d’entreposage son bien préparées pour le grain. Il faut ainsi  nettoyer silos à grain et se débarrasser de tout grain qui pourrait cacher des insectes. Il faut aussi vérifier sous le plancher qui peut être une bonne cachette pour les insectes d’une saison à l’autre, surtout si une infestation a eu lieu la saison précédente. Une fumigation est alors de mise, ou un nettoyage intensif. Un conseil à garder en tête pour l’année prochaine s’il est trop tard pour la présente saison.

  1. Stockez du grain de qualité

L’état du maïs au moment où il est récolté va déterminer s’il passera bien la période de l’entreposage. Pour un entreposage à long terme, il est préférable de commencer avec du maïs mature et de bonne qualité qui a de meilleures chances de bien passer cette étape.

  1. Sécher à la bonne teneur en humidité

Pour la conservation à long terme, il faut sécher le grain à un niveau d’humidité moindre. Certaines règles demeurent pour le maïs (15% pour un stockage jusqu’au 1er juin, 14% jusqu’à la prochaine récolte et 13% pour un an et plus). À 13% d’humidité, la croissance des moisissures est empêchée, ce qui maintient le grain dans de meilleures conditions. Pour le soya, la règle est un peu différente, soit 13% pour les mois d’entreposage en saison froide et davantage aux alentours de 11% pour les mois d’été.

  1. Améliorer l’aération

Bien répartir les accumulations avec un épandeur à grain ou en pratiquant un carottage répétitif aidera à améliorer l’aération. Un épandeur de grain peut être utilisé sur des silos de moins de 48 pieds pour répartir les accumulations. Il faut éviter que ces dernières se retrouvent seulement au centre puisque cette situation risque de créer de la compaction au milieu. Pour les silos plus gros, il vaut mieux décharger directement dans le silo et à tous les 10 à 15 pieds, enlever environ 300 boisseaux de grains pour créer un cône inversé. Une fois la récolte terminée, il faut créer un cône inversé au milieu afin que le grain au centre soit plus bas que le grain sur les côtés. La forme finale aura la forme d’un M, vu de côté. Cela aidera une aération vers le centre en plus de faciliter l’élimination de matière étrangère du centre du silo.

  1. Contrôler la température

La possibilité de pouvoir contrôler la température du grain est considérée comme très importante. C’est pourquoi il faut s’assurer d’avoir un bon système d’aération et possiblement, des câbles mesurant la température dans les silos. Pour les régions nordiques, la température recommandée est le point de congélation et plus bas durant l’hiver.

  1. Garder les grains au frais l’été

Il y a un certain désaccord sur la meilleure température de conservation pour le grain durant l’été. La méthode de la vieille école recommande de réchauffer le grain à 10-15 degrés Fahrenheit de la température extérieure. Depuis 20 ans, on recommandait de garder le grain à environ 40 ° F (4°Celsius), au printemps et en été. Certains suggèrent maintenant de réchauffer le grain jusqu’à 50 ° F (10° Celsius). Les tenants d’un grain plus froid estiment toutefois que des températures plus basses empêchent la prolifération de moisissures et tiennent au large les insectes.

  1. Vérifier souvent le grain

En été, il faut vérifier le grain à toutes les semaines. Il n’est pas nécessaire d’entrer : une vérification de l’odeur et d’une croûte à la surface est suffisante. En cas de problème, on démarre les ventilateurs pour enlever l’humidité à la surface. Un échantillon va aussi permettre de vérifier le taux d’humidité. Si le problème persiste, il vaut mieux enlever le grain et le vendre plutôt que de voir la qualité se détériorer.

  1. Avoir à l’œil les insectes

Une autre raison de vérifier fréquemment le grain pendant l’été est de surveiller les insectes. Une infestation peut se déclarer dans un intervalle de deux à trois semaines durant l’été. Des pièges à insecte peut aider si le grain est gardé jusqu’à la fin de l’été. En cas de présence d’insectes dans les pièges, on pourra alors intervenir et traiter le grain.

Source: Successful Farming

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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