En entrevue, le directeur de la division semences fourragères chez Belisle Solution Nutrition, Guy Forand, insiste sur l’importance de choisir des espèces fourragères mieux adaptées aux situations climatiques extrêmes que nous vivons de plus en plus.
En 2018, le mil ou fléole des prés est encore la graminée fourragère la plus cultivée au Québec. Or, c’est la moins bien adaptée à la sécheresse comme nous avons vécue de façon importante dans l’est de la province cette année.
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Dans certaines municipalités durement touchées, des producteurs laitiers manquaient de fourrages alors que leurs voisins en avaient à vendre. Pourquoi? « Certaines espèces fourragères réagissent très mal à la chaleur et à la pénurie d’eau », explique Guy Forand. « Le mil est encore l’espèce fourragère la plus vendue. Or, si la température est de plus de 28 degrés et s’il ne pleut pas pendant plusieurs semaines, le mil ou fléole des prés ne pousse pas. »
Ceci est d’autant plus problématique dans le cas de mélanges luzerne et mil. La luzerne est très bien adaptée à la sécheresse puisqu’elle a une racine profonde. Son problème est que parfois, elle survit mal à l’hiver. Donc, si le champ de luzerne-mil n’a pas eu la couverture de neige suffisante pour permettre la survie de la luzerne et qu’en plus, le temps est chaud et sec durant l’été, nous avons les conditions parfaites pour manquer de fourrages.
Dans ce cas, quel est le meilleur choix d’espèces fourragères? « Ceux qui ont connu le plus de succès l’été dernier, ce sont ceux qui avaient un mélange luzerne et dactyle », dit Guy Forand. Le dactyle a des racines comme des cheveux d’ange. Le contact avec le sol est élevé, ce qui permet à la plante de soutirer l’eau qu’elle a besoin. La luzerne a une racine très profonde, ce qui lui permet d’aller chercher l’eau. À l’inverse, la fléole a une racine superficielle.