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La Russie, super grenier du monde

La production russe de blé a bondi dans les dernières années tandis que celle des États-Unis a reculé à ses niveaux d’il y a cent ans. Comment s’est produit ce transfert et est-ce que la tendance va se poursuivre?

Le site Terre-net s’est penché sur la question. En cinq ans, la Russie a doublé sa production pour atteindre un record de 84 millions de tonnes en 2017. Selon le média, le pays ambitionnerait de faire grimper sa production à 120 millions de tonnes.

En ce moment, la Russie se place au quatrième rang des producteurs de blé dans le monde mais se situe comme premier exportateur mondial. Une des conséquences de cette augmentation de la production est la hausse en parallèle des stocks mondiaux et la baisse des prix sur les marchés. Ces chiffres confirment le retour du pays comme le grenier à grain de la planète, titre qui était le sien du temps de l’ère soviétique, avant que la production chute avec le régime, au début des années 90. À l’époque, 25 % de la valeur de la production  étaient attribuable à 2 % des surfaces qui étaient sous gestion privée.

Depuis l’arrivée de Poutine en 2001, ce dernier a favorisé l’agriculture en libéralisant la propriété, des conglomérats agricoles se sont développés et le gouvernement a mis en place des barrières tarifaires pour soutenir le prix du blé. La crise ukrainienne de 2014 qui a mené à l’embargo sur les importations européennes a accéléré le mouvement. Le gouvernement russe a consacré 52,5 milliards d’euros pour sa politique agricole. Cette dernière a favorisé la modernisation des équipements agricoles et les moyens pour développer la production et les zones rurales. Terre-net indique que « les agriculteurs sont ainsi soutenus par des aides à l’hectare, des primes à la qualité du lait, des aides à la production de viande ».

Un expert interrogé estime que la Russie atteindra son objectif de 120 millions de tonnes, ce qui pourrait arriver d’ici 2022 ou 2028. Le pays sera confronté à deux problèmes, soit climat mois favorables à mesure que des zones sont développées pour la production, et les coûts de transport qui diminuera les marges de profits en raison des distances plus grandes à faire pour acheminer le blé aux ports.

La Russie peut par contre compter sur la qualité de son blé et des clients qui en redemande, comme l’Égypte dont l’importation russe compte pour 80% de ses achats à l’étranger pour 2017-2018, alors que ce pourcentage était de 30%  en 2014-2015.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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