Les carences en nutriment dans la luzernière

Chronique Experts fourragers

*Voici un petit guide vous permettant d’effectuer des diagnostiques de déficiences en nutriments pour vos luzernières.  Le diagnostique se fait  par l’observation des symptômes  et en se fiant aux valeurs cibles citées à la suite d’une analyse des tissue végétaux (15 cm supérieurs de la plante avant la floraison).

Déficience visuelle

Azote

Déficience en azote

  • Nutriment mobile= vieille feuille affectée en premier
  • Symptôme sur l’ensemble du plant
  • Plantes rabougries et croissance clairsemée
  • Tige devient mince et allongée
  • Feuilles plus petites
  • Les vieilles feuilles jaunes deviennent blanches et nécrotiques
  • Valeur cible à la suite d’une analyse des tissue végétaux : 3,00–5,00 g 100 g- 1% MS

 

Potassium

déficience en potassium

  • Nutriment mobile= vieille feuille affectée en premier
  • Symptôme uniquement sur les vieilles feuilles
  • Les symptômes visibles de carence en potassium n’apparaissent pas immédiatement
  • Le taux de croissance est réduit au départ et les plantes paraissent rabougries
  • petites taches nécrotiques jaunes le long des bords des feuilles plus anciennes
  • Les tissus entre les taches nécrotiques deviennent alors jaunes et meurent
  • Valeur cible à la suite d’une analyse des tissue végétaux : : 2,00–3,50 g 100 g- 1% MS

 

Phosphore

déficience en phosphore

  • Nutriment mobile= vieille feuille affectée en premier
  • Symptôme sur l’ensemble du plant
  • Feuille bleutée verte
  • Difficile à diagnostiquer de façon visuelle, nécessite une analyse des tissus
  • Valeur cible à la suite d’une analyse des tissue végétaux : 0,25–0,70 g 100 g- 1% MS

 

Magnésium

déficience en magnésium

  • Nutriment mobile= vieille feuille affectée en premier
  • Avec le temps, les symptômes se propagent à l’ensemble du plant
  • Chlorose entre les nervures
  • Parfois les bords des feuilles peuvent montrer une couleur rougeâtre
  • La croissance des plantes est souvent ralentie et les tiges sont souvent plus faibles que la normale
  • Valeur cible à la suite d’une analyse des tissue végétaux : 0,25–1,00 g 100 g- 1% MS

 

Molybdenum

déficience en molybdenum

  • Nutriment mobile= vieille feuille affectée en premier
  • Chlorose des marges des feuilles
  • Marge cuite et déformation des feuilles due à un excès de NO3
  • Ressemblant à une carence en azote, mais les zones peuvent développer des taches nécrotiques quelle que soit la gravité du jaunissement.
  • Accompagnées d’un rabougrissement général et des feuilles déformées
  • Valeur cible à la suite d’une analyse des tissue végétaux : 1-5 PPM

 

Bore

déficience en bore

  • Nutriment immobile= jeune feuille affecté en premier
  • Feuilles déformées et nécrotiques
  • Le bourgeon terminal meurt
  • Feuille jaune et rouge
  • Similaire à une déficience en K
  • Lors de la croissance après la coupe, la longueur entre les nœuds raccourcit
  • Valeur cible à la suite d’une analyse des tissue végétaux : 20–80 PPM

 

Calcium

déficience en calcium

  • Nutriment immobile= jeune feuille affectée en premier
  • Feuilles déformées et nécrotiques
  • Le bourgeon terminal ne meurt pas
  • Rare
  • Arrive après la deuxième coupe
  • Similaire à une déficience en S
  • Valeur cible à la suite d’une analyse des tissue végétaux : 0,80–3,00 g 100 g- 1% MS

 

Cuivre

déficience en cuivre

  • Nutriment immobile= jeune feuille affectée en premier
  • Feuilles déformées et nécrotiques
  • Le bourgeon terminal ne meurt pas
  • Les feuilles et les points de croissance peuvent être mal formés et peuvent sembler souffrir de stress dû à la sécheresse
  • Valeur cible à la suite d’une analyse des tissue végétaux : 4–30 PPM

 

Soufre

déficience en soufre

  • Nutriment immobile= jeune feuille affectée en premier
  • Feuilles chlorotiques
  • La chlorose uniforme apparaît sur les feuilles plus jeunes tandis que les feuilles plus âgées restent vertes
  • L’ensemble du limbe et des nervures de la feuille devient uniformément chlorotique.
  • En cas de carence prolongée, la chlorose se propage rapidement aux feuilles plus anciennes
  • Les plantes carencées en soufrent, deviennent rabougries et minces
  • Valeur cible à la suite d’une analyse des tissue végétaux : 0,25–0,50 g 100 g- 1% MS

 

Zinc

déficience en zinc

  • Nutriment immobile= jeune feuille affectée en premier
  • Feuilles chlorotiques
  • Chlorose interveinale
  • Feuilles terminales plus petites
  • Entre-nœuds raccourcis
  • Couleur verte un peu plus claire
  • Les entre-nœuds raccourcis peuvent entraîner la formation d’une certaine «?rosette?» des feuilles terminales
  • Valeur cible à la suite d’une analyse des tissue végétaux : 20–70 PPM

 

Fer

déficience en fer

  • Nutriment immobile= jeune feuille affectée en premier
  • Feuilles chlorotiques
  • Chlorose interveinale
  • Absence de tache nécrotique sur la feuille
  • Chlorose s’étend sur toute la longueur des feuilles.
  • Avec l’avancement des symptômes, la pâleur s’intensifie dans les tissus interveinaux avec la décoloration des veines.
  • Les feuilles gravement atteintes
  • deviennent presque blanches
  • Valeur cible à la suite d’une analyse des tissue végétaux : 30–250 PPM

 

Manganèse

déficience en manganèse

  • Nutriment immobile= jeune feuille affectée en premier
  • Feuilles chlorotiques
  • Chlorose interveinale
  • Développement de tache nécrotique sur les feuilles
  • la luzerne ne présente généralement pas une distinction de couleur aussi nette entre les veines plus vertes et la zone interveinale plus jaune, par rapport aux autres plantes.
  • Cela peut entraîner la confusion du symptôme avec d’autres problèmes nutritionnels
  • Valeur cible à la suite d’une analyse des tissue végétaux : 25–100 PPM

Pour plus d’informations et de contenu visuel, vous pouvez consulter cette page web.

*Texte réalisé en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères. Les propos exprimés dans le texte relèvent toutefois de l’auteur et n’engagent pas le CQPF.

 

à propos de l'auteur

Collaborateur

Maxime Leduc - Ph.D. et agr.

Ayant complété son doctorat en sciences animales et étant copropriétaire de la ferme sur laquelle il a grandi, Maxime Leduc est pleinement conscient de la réalité des agriculteurs, en particulier des difficultés qu'ils rencontrent. Il souhaite fournir aux producteurs des outils adaptés et efficaces qui favoriseront la croissance de leur entreprise.

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