Parcelle 101

Les beaux jours annoncent le temps des semis et la planification de ces derniers. Des producteurs pourraient être tentés d’intégrer des parcelles dans leurs champs, question de savoir où leur argent est le mieux investi, un aspect à ne pas négliger dans ces temps incertains et après une année 2019 particulièrement difficile.

Les raisons pour intégrer des parcelles sont en effet nombreuses et sont aussi diverses que les nouveautés qui ont fait leur apparition dans le marché ces dernières années, indique Jean-François Foley, agronome chez Semences Pride. “L’offre de produits et de nouveautés est beaucoup plus importante à chaque année. On pourrait décider de tester différents hybrides, ou encore des fongicides ou des pesticides. Il y a aussi les biostimulants qui sont apparus dernièrement sur le marché et sur lesquels plusieurs recherches ont été faites en Ontario. Mais il faut tester des pommes avec des pommes. ” La comparaison doit donc se faire sur la même base, soit un hybride, un produit, etc.

La principale raison d’intégrer une parcelle doit par contre répondre à cette question: Est-ce que ce produit, variété, etc, en vaut vraiment la peine? “Ce qu’on veut, c’est vérifier l’efficacité d’un produit et savoir s’il en vaut vraiment le prix et l’investissement”. La question est d’à propos puisque la rentabilité aujourd’hui d’une ferme se joue sur une différence de rentabilité de 100$ l’acre, ce qui représente la marge de manœuvre des producteurs. “C’est sur cette marge qu’on se base pour prendre une décision”, fait valoir l’agronome.

Puisque les producteurs n’ont pas l’avantage de faire des répétitions de parcelles comme les centres de recherche, et que le temps est compté durant les semis, il faut bien se préparer avant de passer à l’action. Les principaux critères à considérer? L’emplacement, l’emplacement et l’emplacement!

“Il faut bien choisir l’emplacement de la parcelle sinon on pourrait venir fausser les résultats à la récolte”, souligne M.Foley. Il faut choisir un champ qui est représentatif de l’ensemble des terres, en plus d’éviter les endroits où d’anciens fossés ont été comblés. Même chose pour la présence des drains. L’idéal est donc de semer au travers pour éviter de suivre des lignes de drains ou d’anciens fossés. “Il faut considérer toutes les variables qui pourraient influencer le rendement”. Si le champ est uniforme, il serait possible de semer la moitié du champ à des fins de comparaison.

Pour les céréales, le semoir à taux variable est une bonne solution pour évaluer différents taux de population dans le champ.

Même si on se trouve déjà à la fin avril, il est encore temps de planifier des parcelles, selon Jean-François Foley. “On sait que ça prend une température du sol de 12 degrés Celsius pour semer du maïs. Le temps est sec mais il fait encore froid”. La neige était d’ailleurs au rendez-vous mercredi dernier dans plusieurs endroits au Québec et des records de froid ont été battus dans la dernière semaine.

Semence Pride passait pour sa part à l’action dès la fin de semaine à Napierville en réalisant une dizaine de parcelles de précision chez des producteurs à des fins de R&D. Les visites seront en effet probablement impossibles cette année mais le semencier se promet d’être créatif pour faire partager ses résultats.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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