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Percée canadienne dans une maladie du soya

Sangeeta Dhaubhadel, chercheuse à Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), a isolé 11 gènes de soja jouant un rôle essentiel dans la lutte contre le P. sojae, responsable d’une maladie du soya, la pourriture phytophthoréenne. Cette pathologie entraîne des pertes de rendement annuelles variant entre un et deux milliards de dollars à l’échelle mondiale, selon AAC. Les pertes au Canada sont évaluées à 50M$.

L’un de ces gènes, le GmCHR2A, devrait permettre la mise au point de nouvelles variétés de soja résistantes aux maladies, dont des cultivars résistants au P. sojae. Ce gène pourrait aussi aider dans le cas d’autres maladies fongiques ou bactériennes. Il pourrait aussi déclencher une une réaction de défense contre des insectes comme le puceron du soja.

Jusqu’à maintenant, l’infection était combattue par le biais de stratégies classiques pour, comme le traitement des sols au moyen de fongicides ou de calcium, ou encore l’amélioration du drainage et du travail du sol. Ces méthodes n’ont toutefois pas été efficaces et ont fait en sorte que l’agent pathogène est devenu résistant au traitement et continue de s’attaquer aux plantes.

L’étude sur le soya réalisée par Mme Dhaubhadel est la plus vaste et la plus exhaustive du genre. Cette étude a permis de découvrir un caractère naturellement présent chez le soja qui en améliore la résistance : la production rapide et accrue de glycéollines. La chalcone réductase (CHR) est l’enzyme clé qui assure la synthèse de ces glycéollines. La production rapide et accrue de cette substance est liée à une forte résistance partielle au P. sojae. Ce type de résistance à large spectre (efficace contre de nombreux types de maladies) est très durable.

Jusqu’à présent, on savait très peu de choses au sujet des gènes liés à la CHR. Comme le P. sojae se rencontre dans le sol, Mme Dhaubhadel savait qu’en cas d’infection par le P. sojae, les gènes de résistance à la maladie devaient être exprimés dans les racines. Après avoir provoqué une infection, des gènes liés à la résistance à la maladie ont été détectés. Le gène GmCHR2A s’est avéré être le plus important du point de vue de la résistance sur 11 gènes détectés

Source: Agriculture et Agroalimentaire Canada

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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