Plus de satellites dans les champs

Plus de satellites dans les champs

L’utilisation de satellites en production végétale n’est pas nouvelle, mais l’Agence spatiale canadienne (ASC) pense qu’ils pourraient être mieux utilisés. Dans une présentation donnée lors de la Conférence virtuelle sur l’agriculture de précision de Farms.com 2020, Eric Laliberté, directeur général de l’utilisation de l’espace pour l’ASC, a déclaré que l’agence intensifiait ses efforts pour se connecter avec les acteurs du secteur agricole. Le but est d’identifier comment l’imagerie satellitaire pourrait être appliquée dans la pratique à un plus large éventail de tâches dans la production alimentaire.

Selon M. Laliberté, les initiatives de l’Agence relèvent de trois grands domaines de programme: le développement des capacités spatiales, l’exploration cosmique et l’utilisation de l’espace. Ce dernier point se réfère à l’amélioration de la façon dont nous opérons dans notre environnement terrestre immédiat.

Eric Laliberté décrit sept façons dont les satellites peuvent être utilisés pour promouvoir une production alimentaire plus efficace, plus rentable et plus respectueuse de l’environnement:

  • Évaluer la santé des sols et des cultures.
  • Faciliter la gestion durable des terres agricoles.
  • Maximiser les rendements tout en réduisant la consommation d’énergie.
  • Évaluer l’humidité du sol et les besoins en irrigation.
  • Éviter le gaspillage d’intrants.
  • Prévoir le risque de maladie et les précipitations.
  • Surveiller la croissance des cultures et estimer la productivité.
Image présentée lors du colloque Agtech

L’imagerie satellitaire est déjà utilisée pour diverses tâches, telles que les prévisions météorologiques et la surveillance des «grands événements» tels que les déversements d’hydrocarbures et les incendies de forêt. Un tel travail, dit M. Laliberté, continuera de gagner en importance alors que les agriculteurs sont confrontés aux changements climatiques et à d’autres défis mondiaux. Les agriculteurs utilisent déjà des satellites dans bon nombre des points mentionnés.

Cependant, M. Laliberté dit que le coût, le manque de confiance entre les données et le terrain ainsi que le manque général de sensibilisation sont des freins actuellement à leur utilisation. «Nous avons besoin de vérifications sur le terrain. L’espace seul n’est pas une solution. Il combine l’espace, les airs et le sol pour que vous puissiez faire confiance aux données », dit-il. Le développement d’algorithmes de calcul plus efficaces, c’est-à-dire une intelligence artificielle capable de mieux traiter les données et de faire des prédictions précises, est essentiel pour atteindre l’objectif. «Cela revient à se demander ce qui doit être mesuré – et ce que nous devons savoir. Je pense que ce n’est qu’une question de temps. »

Pour développer de meilleurs outils d’analyse, l’ASC et ses partenaires doivent avoir une meilleure compréhension de ce que les agriculteurs trouveraient utile.

«L’objectif que nous recherchons est de collecter les données [qui sont] nécessaires pour soutenir la prise de décision et de garantir que les informations sont disponibles», a déclaré le directeur de l’Agence, ajoutant qu’elle doit veiller à «ne pas construire un satellite dans le but de construire un satellite».

Lors du colloque Agtech tenu à la fin novembre, l’accent a été mis sur les gains possibles grâce à une meilleure utilisation des ressources. Une carte comme celle présentée ci-dessous montre l’évolution de l’humidité du sol et, par conséquent, des zones qui pourraient avoir besoin d’être irriguées. L’évolution des satellites permet aussi des images plus nettes et précises qui pourraient aider à prendre des décisions, comme par exemple si des pesticides ou herbicides doivent être utilisés et où.

«L’espace peut certainement faire partie de l’innovation agricole. Nous investirons dans des manières innovantes d’utiliser l’espace. Nous devons comprendre vos besoins et vous devez comprendre les capacités. Ne soyez pas des étrangers. Faites-nous part de vos défis afin que nous puissions nourrir les passagers du vaisseau spatial de l’humanité. »

M. Laliberté dit que les membres du secteur agricole peuvent toujours communiquer avec l’ASC via les canaux de contact direct de l’agence (téléphone et courriel), ainsi que par le biais d’événements tels que la conférence qui accueille sa présentation. Il réitère également que la communication est possible via Agriculture Agroalimentaire Canada, puisque l’agence et le ministère travaillent ensemble dans divers domaines.

Source: Farmtario (traduit de l’anglais Matt McIntosh)


à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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