Poser les bons diagnostics sur l’état et la levée des semis

Poser les bons diagnostics sur l’état et la levée des semis

Maintenant que la course contre la montre des semis est terminée pour plusieurs producteurs, la saison amorce sa deuxième phase critique, la levée des semis. La levée sera-t-elle égale ou non? Les nouveaux plants seront-ils vigoureux ou des signes anormaux feront-ils leur apparition? Les questions sont souvent aussi nombreuses que les causes possibles aux différents scénarios détectables dans le champ.

Pour y voir plus clair, le MAPAQ a organisé un webinaire « Maïs et soya : évaluation de la levée et diagnostic des causes de mauvaise levée ». Trois experts étaient réunis pour explorer chacun un aspect des diverses causes possibles, que ce soit au point de vue du semis, des maladies ou des ravageurs.

Un tableau présenté à la fin de la présentation résume toutefois assez bien la situation en général. Les problèmes dans les grandes cultures sont plutôt rares et de ceux-ci, peu d’entre eux sont reliés à des prédateurs. Les causes se retrouvent souvent dans la catégorie « autre », d’où la raison pour laquelle il peut être important d’investiguer pour trouver la source du problème.

Source: MAPAQ

Yvan Faucher, agronome et conseiller en grandes cultures et agroenvironnement au MAPAQ, a passé en revue les diverses causes pouvant être reliées au semis. Le maïs est plus sensible quant à la perte de population et les problèmes de levée que le soya qui démontre une capacité très grande à surmonter ce type de problème. Même sur ce point, M. Faucher souligne qu’une perte de population de 20% dans le maïs se traduira par seulement une perte de rendement de 3% à 4%, selon une étude menée aux États-Unis, ce qui lui fait dire que « resemer n’est pas toujours pertinent ». Il vaut mieux semer aux dates recommandées par les semenciers. L’humidité et le froid occasionnent la plupart des problèmes, soit par un sol trop humide ou des températures qui rendent la germination plus difficiles.

Source: MAPAQ

Sur ce dernier point, le stress peut être important si la température du sol, et donc de l’eau présente, atteint moins de 10 degré Celsius de 24 à 48 heures après le semis. Un bon lissage, que ce soit dans le maïs ou le soya, va aussi réduire certains des problèmes.

Les maladies et autres troubles physiologiques sont aussi nombreux, a indiqué Brigitte Duval, la deuxième experte invitée au webinaire. La conseillère en agroenvironnement, responsable en phytoprotection au MAPAQ, a mentionné entre autres le gel, les problèmes de résidus d’herbicides sur la surface du sol, ainsi que la rémanence d’herbicide (carryover). Dans ce dernier cas, il est relié à une utilisation précédente et inadéquate de produits dans le champ. L’abrasion par le vent peut causer des dommages aux feuilles qui vont se résorber, tout comme le syndrome du cœur jaune dans le maïs causé par une croissance trop rapide. D’autres colorations, comme le maïs mauve ou la feuille argentée, n’ont pas d’incidence sur la santé du plant. Il s’agit dans le premier cas d’une accumulation de pigment de photosynthèse pendant un épisode frais, tout comme les nuits fraîches peuvent décolorer certaines feuilles sans grande conséquence. La fonte des semis dans le maïs et certaines maladies dans le soya sont plus difficiles à diagnostiquer et il est préférable dans ce cas de demander un coup de pouce à un laboratoire pour déterminer la cause du problème.

Source: MAPAQ
Source: MAPAQ

Les ravageurs peuvent être également en cause, a mentionné la troisième experte, Geneviève Labrie, entomologiste en grandes cultures au CÉROM. Les avis et alertes sont de bons outils pour faire de la prévention, dit-elle. Il est important d’ailleurs de marcher les champs pour détecter les problèmes potentiels et de creuser pour aller voir la source.

Source: MAPAQ

La mouche du semis est la principale responsable des dommages dans le soya, mais cause des pertes minimes de rendement. La mouche liquéfie avec sa salive les plants qu’elle attaque, ce qui sera visible en examinant le plant qui sera creux et mou, contrairement à d’autres prédateur dont les traces de dents sont bien visibles par des sillons ou une coupe nette à la base de la tige, comme par exemple le ver gris-noir dans le maïs. Pour la céréale, les dommages sont détectables par un peuplement clairsemé et non uniforme dans le cas du ver fil-de-fer. Des prédateurs sont à surveiller : la chrysomèle du haricot arrive de plus en plus tôt, tandis que les punaises vertes et brunes sont en plus grand nombre. Il est aussi recommandé de reconnaitre l’espèce de hanneton présente dans le champ si c’est le cas puisque certaines d’entre elles restent présentes dans les champs jusqu’à trois ans, comme pour le hanneton commun.

Source: MAPAQ

Un document PDF portant sur la présentation sera rendu disponible sur internet.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

Commentaires