Préserver les semences ancestrales pour sauver l’humanité

C’est grâce à une ancienne espèce de riz sauvage, Oryza nivara, résistante à un virus que les généticiens ont pu sauvé l’Inde de la famine au début des années 1970. Oryza nivara était la seule espèce résistante parmi les 6000 anciennes étudiées et les généticiens ont réussi à transférer cette résistance dans de nouvelles variétés à temps.

La préservation de la diversité génétique des anciennes espèces végétales pourrait bien devenir un enjeu majeur pour l’avenir de l’humanité, face aux impacts anticipés des changements climatiques. La modification de la répartition géographique des maladies et des ravageurs pourrait nécessiter le recours à cette diversité génétique afin de protéger les cultures.

Or, la tendance actuelle est à l’inverse. Selon la FAO, la diversité des cultures de la planète a diminué de 75 % au cours du siècle dernier. Cinq grandes cultures (maïs, blé, riz, sorgho et millet) fournissent 60 % de l’énergie alimentaire mondiale. L’intensification de la production agricole a mené les semenciers à ne commercialiser que quelques variétés hautement productives de chaque espèce végétale. Face aux risques accrus de répétition d’un scénario à l’indienne, la préservation de la diversité génétique des végétaux représente plus que jamais un excellent investissement pour la communauté internationale.

Source : The Economist Banks for bean counters

à propos de l'auteur

Journaliste, photographe et agroéconomiste

Nicolas Mesly

Nicolas Mesly est agroéconomiste, journaliste et photographe spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin des agriculteurs.

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