Solution pour améliorer l’infiltration de l’eau

La solution passe par les racines des plantes

Une synthèse de 89 études réalisées sur six continents a permis de clarifier quelles pratiques agricoles étaient le plus susceptible d’améliorer la capacité du sol à gérer l’eau, autant dans un contexte de précipitations abondantes que de sécheresse.

La solution se retrouve dans les racines, selon Andrea Basche, assistant professeur en agronomie de l’Université Nebraska-Lincoln. Plusieurs possibilités existent pour améliorer l’infiltration de l’eau, mais les résultats les plus constants ont été obtenus lorsque les racines occupent le sol en permanence. En agissant comme une éponge, un sol en santé peut minimiser les conséquences de pluies diluviennes qui sont de plus en plus fréquentes.

Les auteurs de la méta-analyse ont comparé cinq stratégies de conservation des sols : le semis direct, les cultures de couvertures, les rotations des cultures, le pâturage et les cultures vivaces.

Les résultats révèlent une augmentation de 59 % de l’absorption de l’eau lorsque des graminées ou des arbres se trouvent près des champs. Les données de 23 essais démontrent une infiltration moyenne 35 % plus élevée avec les cultures de couverture. Ces dernières sont utilisées pour combattre l’érosion et retourner les nutriments dans le sol.

D’un autre côté, les résultats de 52 études impliquant le semis direct n’ont démontré aucun effet significatif sur la gestion de l’eau. « Ce fut la plus grande surprise de notre recherche », ajoute Andrea Basche. « On entend souvent que le semis direct est une solution efficace pour améliorer l’infiltration de l’eau. Mais ce n’est pas le cas dans toutes les situations. Même si certains environnements étaient plus propices et que le semis direct a démontré un effet positif, la moyenne n’indique aucun avantage significatif », rapportent les experts.

La rotation des cultures n’est pas non plus un facteur déterminant dans la gestion de l’eau. Peu d’études étaient disponibles sur le pâturage, mais une diminution de 21 % de l’infiltration a été mesurée.

« Une telle analyse n’explique pas les causes des différents taux d’infiltration », souligne Andrea Basche. D’autres projets de recherche ont étudié cet aspect. La présence continue des racines dans les systèmes de cultures vivaces ou avec des cultures de couverture favorise la présence de pores dans le sol. Ces dernières peuvent améliorer la capacité du sol à gérer plus d’eau. Une augmentation de l’activité biologique pourrait aussi être une explication.

Source : Université Nebraska-Lincoln

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