Le soya favorisé cette année au pays

Le soya favorisé cette année au pays

Est-ce l'effet de la flambée des prix sur les marchés? Toujours est-il que les terres cultivées en soya en 2021 au Canada connaissent une forte progression tandis que le blé et le maïs affichent des baisses, annonce Statistique Canada dans son rapport sur les superficies des grandes cultures. Le canola et les lentilles progressent également grâce à un rebond des prix dans les derniers mois et une demande qui ne se dément pas pour les protéines végétales.

Les superficies de soya s'élèvent donc à 5,3 millions d'acres à la grandeur du pays, soit une hausse de 4,9 % grâce à un bond notamment au Manitoba. Ce chiffre demeure toutefois loin derrière le sommet de 7 282 000 acres atteint en 2017. Le canola grimpe de 8,2% à 22,5 millions d'acres. La hausse est ressentie surtout en Alberta et en Saskatchewan, ce qui est expliqué par l'augmentation de la demande qui a donné lieu à des exportations record en mars 2021, et entraîné une diminution des stocks de canola. Les prix ont atteint des sommets record au premier semestre de 2021 et devraient demeurer élevés pour l'année à venir fait savoir l'organisme fédéral.

Le blé recule à 23,4 millions d'acres en 2021, en baisse de 6,5 % par rapport à l'année précédente. Le repli est plus marqué du côté du blé de printemps qui a diminué de 8,1 % pour s'établir à 16,5 millions d'acres. La hausse des superficies cultivées dans le monde et la baisse probable des prix expliquent cette baisse des ensemencements au pays. La superficie de maïs-grain a diminué de 2,5 % par rapport à l'année précédente pour atteindre 3,5 millions d'acres en 2021. Il s'agit des plus faibles superficies en maïs-grain depuis 2015.

Le rapport de Statistique Canada ajoute que si les semis ont pu débuter tôt un peu partout au pays, les conditions n'ont pas été optimales en raison des conditions sèches. Ce phénomène a été présent dans l'Est mais également dans les Prairies, tel que le présente l'image plus bas. En date du 14 juin, le taux d'humidité du sol affichait toujours un déficit par rapport à la normale à cette période de l'année. Bien que les dernières précipitations ont offert un répit, la situation est encore loin d'être revenue à la normale.

Différence par rapport à l'humidité normale du sol (en millimètres) (modèle de sécheresse) au 14 juin 2021 (pendant la période de collecte), comparativement à la moyenne annuelle, selon la province. Source: Agriculture et Agroalimentaire Canada, Archive des cartes « Guetter la sécheresse

Au Québec

Les agriculteurs du Québec ont déclaré avoir ensemencé 925 300 acres de soya, en hausse de 4,5 %, surpassant ainsi les superficies consacrées au maïs-grain pour une seconde fois depuis 2017. Ces dernières s'élèvent à 885 800 acres, une diminution de 0,6 % par rapport à l'an dernier. Il s'agit du plus faible ensemencement de maïs en plus de 20 ans au Québec, soit depuis 1998. Il s'était alors semé 827 800 acres. Il est encore trop tôt pour parler de tendance mais les semis en maïs-grain diminuent depuis les quatre dernières années dans la province. Ils étaient également sous la barre des 900 000 acres l'an dernier alors que c'était la norme depuis les années 2000.

Fait à noter, la superficie ensemencée en Ontario, où plus de 60 % du maïs-grain canadien est cultivé, a diminué de 2,0 % pour se fixer à 2,1 millions d'acres.

Superficies semées selon les cultures, de 2016 à 2021. Source: Statistique Canada

Autres cultures

Les agriculteurs ont ensemencé 8,3 millions d'acres d'orge en 2021, en hausse de 9,7 % par rapport à l'année précédente, tandis que la superficie en avoine a diminué de 10,8 % pour s'établir à 3,4 millions d'acres. Les cultures en orge sont à leur niveau le plus élevé depuis 2009 et affichent une hausse pour une troisième année consécutive.

Les terres consacrées aux lentilles ont augmenté de 1,7% sur un an à 4,3 millions d'acres. Les superficies de pois secs ont par contre diminué de 10,2% par rapport à 2020 à 3,8 millions d'acres.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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