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Un autre son de cloche sur le glyphosate

En Ontario, entre 1983 et 2013, les superficies de maïs-grain ont augmenté de 11 % et les surfaces en soya de 188 %. De leur côté, les rendements du maïs-grain et du soya ont gonflé respectivement de 74 % et de 54 %.

Pendant la même période de 30 ans, la quantité totale d’herbicides utilisée a décliné de 39%. Paradoxal! L’explication tient essentiellement en un mot : glyphosate. D’à peine 1% en 1983, la part du glyphosate dans l’ensemble des herbicides appliqués avait grimpé à 54% en 2013. À l’évidence, les producteurs apprécient la simplicité du désherbage que procure la combinaison du glyphosate et d’une variété ou d’un hybride rendu tolérant à ce composé par modification génétique.

En somme, le glyphosate est venu déloger d’autres herbicides. Or, il s’utilise à plus faible dose d’ingrédient actif que les herbicides qu’il remplace.

Le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario réalise un portrait de l’utilisation des herbicides à tous les cinq ans, et ce, en appliquant toujours la même méthode. Cette constance facilite la comparaison des données d’une période à une autre.

Le portrait réalisé en 2013 révèle par ailleurs que les risques environnementaux liés aux herbicides ont suivi la même tendance à la baisse que les quantités. Le gouvernement ontarien attribue à chaque produit un «quotient d’impact environnemental» en prenant en compte 12 éléments. Le quotient du glyphosate s’élève à 15,3, ce qui le place au dixième rang dans la liste des ingrédients actifs évalués. En comparaison, l’atrazine présente un quotient de 22,9.

 

à propos de l'auteur

Journaliste

André Piette est un journaliste indépendant spécialisé en agriculture et en agroalimentaire.

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