Jocelyn Michon défend le glyphosate

Le glyphosate est le seul outil présentement disponible pour lutter contre les mauvaises herbes en semis direct permanent

Jocelyn Michon de La Présentation, en Montérégie, a été le seul producteur invité à présenter un mémoire à titre personnel lors des audiences de la commission sur les pesticides qui a lieu cette semaine à Québec. En plus de faire l’apologie des sols vivants lors de sa présentation le 23 septembre, il a exprimé ce que plusieurs producteurs agricoles ressentent présentement par rapport aux enjeux liés aux pesticides.

“Cette hystérie collective dirigée contre l’utilisation des pesticides est devenue source d’affrontements entre citadins et agriculteurs qui se sentent délaissés face à ces critiques venues de toute part, alors qu’ils respectent les homologations ainsi que la longue liste des règlements”, a-t-il déclaré devant les commissaires.

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Jocelyn Michon s’est porté à la défense du glyphosate. Selon SAgE pesticides, un outil développé par le ministère de l’Agriculture, le ministère de l’Environnement et l’Institut de la santé publique du Québec, “il est considéré comme un des produits les plus sécuritaires et dont les indices de risques pour la santé et pour l’environnement sont parmi les plus bas, incluant les bios pesticides”, a-t-il soutenu.

Dans son exposé, le producteur a démontré que dans un système de semis direct permanent, le glyphosate est présentement le seul outil disponible pour venir à bout des mauvaises herbes. “Advenant le retrait du glyphosate demandé par certains groupes, la seule alternative pour ceux qui ont mis tant d’efforts à améliorer la santé de leurs sols serait de retourner à un travail du sol”, a ajouté Jocelyn Michon.

Et qui dit travail du sol, dit utilisation plus fréquente de machineries lourdes et donc compaction. Pour lui, la compaction des sols qui entraîne des pertes de fertilisants, de pesticides et de sols est un problème beaucoup plus important que l’utilisation de pesticides. “Les sols dégradés perdent une bonne partie de leur capacité nourricière et les plantes cultivées deviennent plus vulnérables aux ravageurs”, a mentionné le producteur.

Une grande partie de son mémoire était d’ailleurs consacré à expliquer aux commissaires le système à privilégier selon lui, le semis direct permanent avec cultures de couverture. Un système qu’il a mis en place à sa ferme, qui a donné des résultats probants en termes de santé des sols et qui lui a permis de réduire de façon considérable son utilisation de pesticides.

En l’absence totale de travail du sol entre la récolte et le semis, on constate une augmentation de la matière organique, une meilleure stabilité structurale, une plus grande capacité d’absorption et de rétention de l’eau, a-t-il énuméré. Dans un sol vivant, les plantes se défendent mieux contre les ravageurs. Il est même possible de se passer des applications de fongicides et d’insecticides sur une culture en croissance, a ajouté Jocelyn Michon qui soutient obtenir un rendement moyen en maïs-grain 11% supérieur à la moyenne dans sa région. Concernant la consommation de carburant, il en utilise 32 litres à l’hectare, alors que la moyenne dans une rotation maïs-soya est de 92.

Enfin, il a recommandé de privilégier la mise en place de politiques visant le rétablissement de la santé des sols. Ceci devrait primer sur des mesures de réduction de l’utilisation des pesticides, selon lui. Il a suggéré également que les programmes assurent une continuité à long terme des pratiques de régénération des sols.

La commission sur les pesticides se poursuit jusqu’au 26 septembre.

Pour lire un article sur la ferme de Jocelyn Michon publié dans l’édition du Bulletin des agriculteurs d’octobre 2018, cliquez ici.

à propos de l'auteur

Journaliste et rédactrice en chef adjointe

Marie-Claude Poulin est journaliste et rédactrice en chef adjointe au Bulletin des agriculteurs.

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