Une année mi-figue mi-raisin pour les céréales

La chaleur de l’été 2020 a devancé le calendrier des céréales à paille. De quoi auront l’air les rendements et la qualité des grains dans les céréales cette année? À la veille d’une fin de semaine qui s’annonce intense côté battage dans les champs en Montérégie et au Centre-du-Québec, les résultats pourraient bien être décevants, selon les premiers échos sur le terrain.

Bien que les semis aient débuté sous de bons auspices dans des conditions hâtives et sèches, les embûches se sont multipliés depuis. “Il n’y a pas seulement la sécheresse qui a nuit. Les conditions ont été fraîches pendant longtemps et la maladie de la fonte des semis a eu un impact important. On le voit bien dans la région de Saint-Hyacinthe”, fait remarquer Marc St-Onge, directeur des ventes pour Semican. “C’est une année plus difficile en 2020.”

Selon les endroits, les plants de blé sont plus courts ainsi que les épis. Le directeur mentionne qu’un producteur d’orge brassicole en Beauce a déjà récolté ses champs et bien que les rendements soient satisfaisants à 1,6 tonne à l’acre, ils sont nettement moins bons que l’an dernier alors que le rendement moyen se situait entre 2,2 et 2,25 tonnes à l’acre. Quant à la qualité et à la grosseur des grains dans le blé, il est encore trop tôt pour savoir quel sera le portrait de la situation, indique M. St-Onge.

Preuve que les conditions sont particulières cet été, l’orge brassicole et le blé parviennent à maturité en même temps dans des champs qu’il a pu observer à La Présentation.

Plusieurs producteurs prêts à battre dès la semaine dernière ont dû prendre leur mal en patience en raison de la pluie. Est-ce que les grains ont commencé à germer sur l’épi? Les premiers battages permettront de répondre à la question. Il est toutefois garanti que les producteurs profiteront de la fenêtre de beau temps qui s’ouvre durant la fin de semaine qui vient pour débuter la récolte.

Les résultats pourraient cependant différer grandement selon les régions. Au Lac-Saint-Jean, les dernières observations sur le terrain étaient optimistes, tout comme en Estrie où les céréales d’automne s’en sont bien tirées. En Gaspésie et dans le Bas-du-Fleuve, les résultats s’annonçaient tout de même bons, avec toutefois des différences locales importantes. En Montérégie, c’est encore à voir, résume le directeur chez Semican.

Des producteurs de céréales d’automne ont déjà récolté avec des rendements se situant entre 50% et 60% des rendements habituels. Les avis de dommages liés au gel ont été nombreux. “Dans Lanaudière, le blé d’automne a été scrap“. Depuis deux ans, le blé d’automne fait face à des conditions de croissance difficile dans les semaines qui suivent les semis. Alors que les dernières années nous avaient habitués à des automnes doux et prolongés, 2018 et 2019 se sont distingués par une arrivée abrupte du froid qui n’a pas laissé beaucoup de chance aux céréales : elles ont eu peu de temps pour faire leurs réserves avant l’hiver.

Les avis de dommages sont nombreux cette année dans les grandes cultures avec 2071 avis sur les 3270 recensés par la Financière agricole en date du 21 juillet.

 

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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