Ligne de temps

Une saison de rêve…pour le moment

Après un départ moche, des conditions quasi-parfaites ont permis aux grandes cultures de rattraper leur retard, au point où elles se trouvent maintenant nettement en avance par rapport à l’an dernier. Et pour la cerise sur le sundae, toute la province semble bénéficier de bonnes conditions et par conséquent de belles cultures. « Tout va très bien, que ce soit pour le maïs ou le soya », confirme Vincent Chifflot, agronome pour Dekalb dans la région de Québec. Selon les échos qu’il a eus de producteurs, tout va pour le mieux dans la région de la capitale, ainsi qu’en Beauce, Chaudières-Appalaches et le Bas-du-fleuve, bien que ce soit un peu trop sec dans ce dernier cas. Aucun signe de maladie ou d’insectes à l’horizon, ou de quelque manque de minéraux pour les plants.

Des averses sont tombées de dimanche à mardi dans la région de Québec avec à chaque fois de 10 à 15mm de pluie, soit suffisamment d’humidité pour compenser la chaleur caniculaire des derniers jours.

« Il y a beaucoup de potentiel (au niveau du rendement) en considérant l’état actuel des cultures (…) Le maïs arrive aux épaules ou à la ceinture. Le soya est en fleur et les rangs se ferment. Les champs sont d’un beau vert et bien que les feuilles de maïs aient tendance à rouler en après-midi en raison de la chaleur, elles ont repris leur forme au matin », note l’agronome. Malgré les rumeurs qui circulent déjà quant à une éventuelle récolte record pour 2018, Vincent Chifflot se montre prudent. « On ne sait pas ce qui peut se passer durant le reste de l’été mais c’est un bon départ ».

Le son de cloche est un peu différent en Montérégie ou le temps sec commence à inquiéter. « Il y a eu des averses depuis le début du temps chaud mais elles ont été très localisées. La pluie annoncée et le temps plus frais vont faire du bien », indique Cynthia Lajoie, agronome pour Pioneer. Elle note aussi que des problèmes de pucerons ont commencé à se montrer, dans le cas de champs de luzerne et de soya. Sans que la situation soit problématique, elle recommande de porter une attention particulière à ces champs pour détecter le problème avant qu’il ne prenne de l’ampleur. Malgré tout, elle confirme que la saison 2018 a bien débuté. « C’est beau partout, c’est un bon début. »

Si les agronomes auraient des recommandations à faire, ce serait de penser à faire les applications d’usage pour le soya en prévention à la moisissure blanche, ou sclérotinia. Cette maladie profite habituellement de conditions humides et fraiches pour proliférer, après la fermeture des rangs et durant la floraison. Si certains producteurs souhaitent agir en prévention, les conditions seront propices pour agir avec le retour de temps plus frais, moins dommageable pour les plants. « Pour les champs qui s’enlignent pour un bon rendement, il serait recommandé de faire un arrosage préventif puisque le rendement est associé à un plus grand risque de moisissure blanche » fait remarquer Vincent Chifflot.

Le temps sec empêche pour l’instant le cycle des spores de la sclérotinia de se compléter mais il faudra surveiller si le temps devient plus frais et humide puisque l’air circulera moins sous les feuilles, ajoute Mme Lavoie.

L’autre étape importante à surveiller sera la pollinisation du maïs prévue dans environ deux semaines. De la pluie serait bienvenue d’ici là mais puisque les plants sont encore en mode végétatif, aucun dommage n’est en vue si l’humidité n’est pas suffisante.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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