Mieux comprendre la santé des onglons

Deux spécialistes aident les producteurs bovins

La professeure associée à l’Université du Wisconsin à Madison Dörte Döpfer et le vétérinaire québécois André Clavet ont chacun 25 ans d’expérience en santé des onglons des bovins. Ils étaient tous les deux conférenciers invités à la Journée bovine 2019 de la compagnie Merck Santé animale tenue à Saint-Hyacinthe et Sainte-Hélène-de-Bagot le 31 mai 2019.

Détecter et traiter tôt

Dörte Döpfer est une spécialiste du piétain. Dans sa présentation, cette Allemande qui s’exprime en français explique l’importance de traiter rapidement et de reconnaître les facteurs de risque de piétain.

« Il ne faut pas attendre une semaine avant de traiter à cause de la modification de la réglementation sur les antibiotiques », dit-elle en tout début de présentation. « Trop souvent, j’ai vu des cas détectés trop tard! Une dermatite digitale négligée est irréversible. Il faut détecter tôt. »

De plus, il faut identifier les facteurs de risques. Parmi ceux-ci, notons la mauvaise hygiène, la saison, le mélange des bovins, certaines races (comme les Holstein), l’effet du parc et les individus stressés.

« La manipulation est très très importante, dit la chercheure. Ça peut permettre de diminuer les problèmes de pattes de plus de 50%. »

La professeure Dörte Döpfer de l’Université du Wisconsin.
photo: Marie-Josée Parent

Le parage en 5 étapes

Dans un atelier à la ferme MBM Daigle de Sainte-Hélène-de-Bagot, le vétérinaire André Clavet a expliqué 5 étapes faciles pour réussir un parage. Le message du Dr. Clavet est : « Un bon parage n’est pas de tout couper, mais de laisser le plus de corne possible pour rendre le sabot fonctionnel. »

Il a même comparé cela à une coupe de cheveux. L’essentiel n’est pas ce qu’on retrouve au sol après la coupe, mais ce qui reste sur la tête. C’est la même chose pour les onglons.

L’intelligence artificielle à la rescousse

En complément de cette journée, l’ingénieur Jacquelin Labrecque de l’entreprise Conception Ro-Main a expliqué ce qu’est l’intelligence artificielle et comment elle va révolutionner les productions animales. Il a expliqué que Ro-Main est spécialisée en production porcine, mais que l’intelligence artificielle pourrait avoir des applications en production bovine.

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L’intelligence artificielle n’a rien de magique. Il s’agit d’apprendre à l’ordinateur à reconnaître ce qu’on veut qu’il reconnaisse.

À ce niveau, Dörte Döpfer a expliqué qu’un essai de caméras installées en ferme commerciale aura lieu dès cet été. Le but est d’aider dans la détection des boiteries le plus tôt possible. Elles seront installées dans un endroit où les animaux passent fréquemment.

Fibre efficace

Une démonstration du Haybuster a aussi permis aux participants de voir comment cette machine utilisée à la ferme MBM Daigle permet de hacher le foin et la paille. « La raison de cette démonstration est qu’aujourd’hui, on parle de fourbure, dit l’agronome Christian Bernier de Merck Santé Animale. La paille hachée permet d’avoir une fibre plus efficace qu’on ajoute dans l’alimentation et qui fait saliver davantage les vaches. »

Démonstration du Haybuster lors de la Journée bovine 2019.
photo: Marie-Josée Parent

Michel, Benoit et Mathieu de la ferme MBM Daigle de Sainte-Hélène-de-Bagot.
photo: Marie-Josée Parent

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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