Pas de retour en arrière pour les truies en groupe

Pour les truies en groupe, l’adage « l’essayer, c’est l’adopter » dit vrai. La plupart des producteurs qui sont passés aux truies en groupe ne reviendraient pas en arrière. Le 10 octobre dernier, quatre producteurs, secondés par une chercheure et un spécialiste, sont venus livrer leurs commentaires à ce sujet. Voici quelques-uns de leurs propos :

Jennifer Brown, chercheure, Prairie Swine Centre

Le projet national de transition vers le logement des truies en groupe (groupesowhousing.com) a permis de documenter les rénovations sur 12 fermes porcines au Canada. Les producteurs ont mentionné qu’ils ne reviendraient pas en arrière. La raison est la liste d’avantages :

– meilleur lien entre l’humain et l’animal;

– plus gratifiant pour les employés qui aiment travailler avec les animaux;

– l’utilisation des technologies pour capter l’intérêt de la future génération;

– meilleure manipulation et condition physique des truies;

– modèle qui continuera à s’améliorer avec la sélection génétique pour la robustesse et le tempérament.

La chercheure Jennifer Brown du Prairie Swine Centre. PHOTO: MARIE-JOSÉE PARENT

Selon Jennifer Brown, « la plupart des systèmes peuvent fonctionner ». La bonne gestion est la clé. Les logements collectifs nécessitent des compétences élevées en gestion de troupeau.

Luc Veilleux, Ferme porcine L.V.

DAC autobloquant GESTAL

– « C’est le plus gros changement que j’ai vu », dit ce producteur d’expérience.

– Deux ans après les rénovations de sa maternité, Luc Veilleux tire certaines leçons de son installation. Il a économisé en conservant les lattes existantes, mais il se rend compte que ça ne fonctionne pas toujours super bien avec les truies. « Il faut avoir les moyens de ménager, dit-il. Si c’était à refaire, j’aurais peut-être changé les lattes. »

– « Tu n’améliores pas ton animal en passant en parc, dit-il. Si vous passez en parc, commencez à faire votre sélection et même, commencez à entraîner vos cochettes. Si vous avez un vieux troupeau, ne vous imaginez pas que ça va bien aller. »

165 personnes ont participé à l’atelier sur les truies en groupes organisé par le CDPQ. PHOTO: MARIE-JOSÉE PARENT

David Vincent, Groupe Lyjean

Bat-flancs

– « Si tu ne maîtrise pas ton système, ça vaut zéro », dit-il.

– « Je n’ai pas fini d’apprendre. »

Vincent Fournier, Ferme Pic Rouge

Alimentation au sol remplacée par DAC

– Vincent Fournier a remplacé l’alimentation au sol par un DAC, en partie parce qu’il y avait trop de pertes d’aliments. « Ça venait gommé », se rappelle-t-il. Il y a aussi plus d’agression. « En DAC, c’est plus simple. »

– « Mon père m’a dit : “Moi, je ne retourne pas aux truies en liberté.” »

– En canicule, les truies trouvent plus souvent une zone de confort.

– Le taux de réforme n’a pas été plus élevé, selon lui.

– « Le plus gros défi, c’est la santé dans le troupeau, dit-il. Si l’on contrôle la santé, les performances sont là. »

Francis Jolin St-Laurent, Production Porcs Plus

DAC

– « Il va falloir que la sélection des truies soit faite en fonction des pattes », dit Francis Jolin St-Laurent.

– « Ça prend des gens vifs d’esprit pour repérer le problème », dit-il.

– « Il faut apprendre à équilibrer ses groupes. »

– « Les puces, les maudites puces! » Il en pose 25 par semaine.

Sébastien Turcotte, responsable du secteur bâtiments et régie d’élevage, CDPQ

– « C’est très important de neutraliser le béton parce que le béton ramollit les onglons », explique Sébastien Turcotte.

– Une étude menée en Europe en 2011 dit que tous les systèmes offrent des performances semblables en terme de nombre de porcelets sevrés par truie par année, soit 29,4, sauf l’alimentation au sol.

Sébastien Turcotte, à la droite de Francis Jolin St-Laurent. PHOTO: MARIE-JOSÉE PARENT

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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