Passer au poulet sans antibiotique ?

Une étude menée par la candidate au doctorat Marie-Lou Gaucher de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal sur huit fermes de poulets à griller a démontré que certaines fermes obtenaient de très bons résultats, tant techniques qu’économiques, dans la production de poulets à griller élevés sans antibiotiques. Pour d’autres fermes, c’est plutôt l’inverse.

« Ce dont on ne se doutait pas, c’est que les fermes retenues avaient tendance à se comporter de façon semblable du début à la fin, expliquait Marie-Lou Gaucher dans une conférence lors du Rendez-vous avicole AQINAC le 20 novembre dernier. Pour les deux fermes qui ont vécu l’entérite nécrotique, je peux vous dire que ça n’a pas été facile pour eux de vivre avec la maladie pendant tout l’élevage. »

Pour la moyenne des fermes, l’augmentation de coût de la production de poulet sans antibiotique de 9,90 ¢/kg de poulet produit est attribuable à l’augmentation de la conversion alimentaire de 0,082 kg moulée/kg de poulet produit (4,52 ¢/kg), et à l’ajout de produits alternatifs (4,35 ¢/kg). À cela, il faut ajouter la vaccination des poussins (1,03 ¢/kg), la réduction de densité (0,88 ¢/kg), la condamnation plus élevée (0,50 ¢/kg), la litière (0,32 ¢/kg), les traitements en cours d’élevage (0,14 ¢/kg) et l’acidification de l’eau (0,02 ¢/kg). La moulée sans antibiotique a coûté moins cher (1,84 ¢/kg), en raison de l’absence d’antibiotique dans l’aliment.

Pour les meilleures fermes, il a même été plus rentable de produire du poulet sans antibiotique qu’avec antibiotiques pour l’ensemble de l’élevage. Mais ces performances n’ont rien à voir à la somme de travail des producteurs.

Il est donc possible de produire du poulet sans antibiotique, mais c’est beaucoup moins rentable pour certaines fermes comparativement à d’autres.

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à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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