Lemken mise sur l’Amérique du Nord

Vingt-trois millions de dollars. Voilà le chiffre d’affaires de Lemken au Canada en 2013, même pas dix ans après son arrivée chez nous. Il s’agit d’une augmentation de 63,5 % sur les ventes de 2012.

«Notre croissance est extrêmement rapide sur le marché canadien. Il y a tellement de potentiel et je crois que nous devons en faire plus», a déclaré aux journalistes canadiens le PDG Anthony van der Ley, quelques instants avant une conférence de presse internationale à laquelle Le Bulletin des agriculteurs participait, en mai dernier, à Kassel, en Allemagne.

Le fabricant allemand d’équipements de travail du sol, de semis et de pulvérisation nourrit de grandes ambitions pour l’Amérique du Nord. Depuis 2005, Lemken a vendu plus de 2000 machines au Canada. Le Québec, puis l’Ontario, ont servi de tremplin pour l’Ouest canadien et les États-Unis. Pour 2014, l’objectif de ventes est de 27 millions $ au Canada et 15 millions $ aux États-Unis. «C’est un immense marché et Lemken est encore nouveau, avec une très petite part du marché». Anthony van der Ley voit très bien les ventes nord-américaines atteindre 75, voire 100 millions $ à moyen terme.

Si les ventes décollent comme prévu aux États-Unis, Lemken devra sérieusement envisager l’implantation d’une usine d’assemblage en Amérique du Nord, comme elle l’a déjà fait en Russie, en Inde et en Chine. «Chez vous, nous vendons de grosses machines, dont le coût de transport est élevé, dit Anthony van der Ley. Avec cette croissance, ça n’aura plus de sens de continuer à les envoyer de l’Allemagne.» L’endroit où établir cette usine n’a pas été fixé.

L’agriculture en Inde et en Chine est appelée à connaître des années de très forte croissance. Lemken y vendra surtout de petits équipements. En Russie et en Ukraine, les troubles militaires font reculer les ventes. Dans ce contexte, l’Amérique du Nord apparaît comme un marché particulièrement attrayant, avec sa stabilité politique et ses champs travaillés avec de gros équipements.

Tradition allemande
Chez Lemken, toute croissance doit être profitable et contribuer à solidifier l’entreprise. Pour éviter d’éparpiller les efforts, l’Amérique du Sud est écartée pour l’instant. «La croissance n’est pas notre objectif absolu, affirme le PDG. Notre principale préoccupation est d’être une entreprise sécuritaire pour nos employés, qui sont notre principal actif.»

Aux côtés de Krone, Claas, Amazone et Grimme, Lemken fait partie des fabricants allemands de machineries agricoles de tradition familiale. L’entreprise est entièrement détenue par Victor Lemken et sa fille Nicola, qui représente la septième génération. Les profits sont réinvestis dans l’entreprise, selon des valeurs très allemandes : formation de la main-d’oeuvre, optimisation de la qualité et innovation.

Un investissement de 50 millions d’euros viendra consolider les activités de son usine du village d’Alpen, par l’ajout d’un nouveau centre de recherche et développement et d’une ferme qui servira à la formation et aux essais d’équipements.

IMG_6204À la demande de producteurs québécois et ontariens, Lemken a déjà modifié quelques-unes de ses machines. La nouvelle déchaumeuse à disques compacts Rubin 12, par exemple, permettra un travail plus profond (jusqu’à neuf pouces) que ce qu’offrait la Rubin 9 (jusqu’à cinq pouces), afin de mieux enfouir les résidus de maïs. Quant au combiné de semis Compact-Solitair, s’il se déploie sur six mètres, c’est parce que nos champs sont bien plus grands que ceux du Vieux Continent!

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Fondé en 1918, Le Bulletin des agriculteurs traite des tendances, des innovations et des dernières avancées en matière de cultures, d’élevages et de machinisme agricole dans le but de faire prospérer les entreprises agricoles d’ici.  

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