Histoire de l’industrie laitière au Québec

Décembre 2002 – Deux grandes caractéristiques ont marqué l’histoire de l’industrie laitière au Québec : les préoccupations quant à la qualité du produit et les efforts pour en accroître la consommation. Avec sa plus récente parution, la revue d’histoire Cap-aux-Diamants en dresse le portrait : de la « run » de lait du petit artisan au règne de quelques grandes laiteries.

À Montréal, en 1860, la vaste majorité des laitiers sont de petits commerçants : les uns fermiers, les autres vendeurs. La fabrication, l’entreposage et le transport ne se font pas dans des conditions idéales. Il y a peu de moyens financiers et souvent peu de connaissances ayant trait à l’hygiène. Vers la fin du XIXe siècle, la production laitière est devenue la principale spécialisation de l’agriculture québécoise. L’industrialisation qui accompagne cette évolution est une réponse aux problèmes socio-sanitaires suscités par la distribution et la consommation du lait cru.

Parallèlement à cette croissance naîtra une préoccupation constante pour améliorer la qualité du produit et un grand débat autour de la pasteurisation. Des chimistes, tel Louis Bourgoin, doivent vérifier l’innocuité du lait pour réduire la mortalité infantile. Tout cela dans le but de combattre des maladies comme la tuberculose, un fléau à Montréal en 1914, la typhoïde et la diphtérie. La première école de laiterie du Canada voit le jour à Saint-Hyacinthe en 1892. Elle forme des producteurs de lait plus consciencieux tout en ayant aussi un mandat de recherche.

Au début du XXe siècle, un peu comme aujourd’hui, tous, du médecin au producteur laitier, recommandent de boire du lait. Pour améliorer l’état de santé des enfants, surtout ceux provenant de milieux défavorisés, les autorités créent en 1910 des centres de distribution de lait de qualité appelés « Gouttes de lait » par les francophones et « Milk Stations » par les anglophones. En 1921, la CECM autorise même la distribution de lait aux élèves qui semblent souffrir de malnutrition.

Après la Deuxième Guerre mondiale, la consommation décroissant, les producteurs s’attaquent à cette dégringolade grâce à un organisme de publicité conjointe : La Santé par le lait. En somme, éduquer et vendre. Entre les enjeux sociaux et ceux nettement plus commerciaux, les discours tenus par les uns et les autres montrent, surtout avec la perspective que nous donne l’histoire, combien les intérêts motivent la rhétorique.

Vous trouverez dans cette parution 9 articles et plusieurs encarts traitant aussi bien de la crème glacée, du marketing publicitaire que de l’enjeu politique que fut la pasteurisation. En kiosque dès maintenant.




Commentaires