HOMMAGE AUX BÂTISSEURS

Une date attendue par les descendants de la famille d’Éphrem Gagné et Marie-Léa Landry, c’est celle du 5 juin 2020

C’est le centième anniversaire de l’arrivée de notre famille, avec cinq enfants, à la ferme sur le chemin de Saint-Benoît-du-Lac, à Magog.

C’est la réalisation du projet d’Éphrem et de Marie-Léa, de vivre dans un milieu plein de charmes, pour y travailler et vivre heureux. L’expérience acquise sur leur petit lopin de terre, à St-Pierre-de-Broughton, a profité en savoir-faire, à ce couple ambitieux.

À l’occasion de cet heureux anniversaire, nous aimons revivre les bons moments passés au milieu de notre famille de dix-sept enfants, qu’on peut voir sur la photo de 1986.

Photo prise en 1986 devant la maison. Les 17 enfants de Marie-Léa Landry et Éphrem Gagné.  
Assis : Armand, Paulette, Paul-Émile, Annette, Roland, Jean-Guy. Debout : Jules, Fernande, Huguette, Claude, Marthe, Madeleine, Lionel. Arrière : Carmelle, Raoul, Jeannine et Fernand

 

Notre père joint d’une robuste santé, qui lui permet de « trimer d’un soleil à l’autre ». Il est bien secondé par notre mère, qui règle la maisonnée, au quotidien. L’autonomie, dont il témoigne, lui fait entrevoir le même sort pour ses enfants. Au temps des chantiers, dans le Maine, il se fait barbier d’occasion. Plus tard, il réussit à transformer une pièce de vingt-cinq cents, en un jonc de mariage. Comme menuisier, il fabrique les meubles nécessaires à son ménage, grâce à tout ce qui pouvait le servir. Aux funérailles de son père, en 1929, on l’a attendu, pour fabriquer le cercueil, avec l’aide de son fils de 15 ans. Les jours d’hiver lors de mauvaise température, on l’entendait chanter « Belle Virginie »; c’était le cordonnier!

En 1920, la famille s’installe au pied de l’Orford, à Magog sur 126 âcres de terre, comme producteur laitier. Le lait est vendu à la Fromagerie Corriveau, sur le chemin Roy. La livraison de lait de consommation domestique à la ville, commence en 1926. C’est le temps, où les ménagères se présentent à leur porte avec un contenant, à remplir à même le bidon!

Homme de progrès, notre père a installé graduellement la famille, dans son cadre de vie. Le rêve de maman est d’avoir une grande maison. Celle qui l’attend à Magog compte  huit pièces, plus une cuisine d’été. Cette annexe a déjà plus de cent ans; c’est la première maison du colon loyaliste.

C’était avant la guerre de 1939-45; le travail se faisait manuellement, sans électricité et  notre père pouvait se croire auto-suffisant… Les réalisations parlent d’elles-mêmes, à la vue des grands champs recouverte de culture, des bâtiments de ferme améliorés. Il a dû agrandir la grange-étable en 1928, pour y loger jusqu’à vingt-quatre vaches laitières.

En 1921, il achète l’érablière qui jointe la ferme. Comme réserve de bois et avec les produits sucriers, cela le comblait! Un chantier avait déjà été fait; il le répètera pour payer cette acquisition. Cent ans plus tard, c’est reboisé.

Les témoignages de l’hospitalité légendaire de notre maison sont bien vivants, chez les petits enfants et un grand nombre de passants. Chez Marie-Léa, tout reflète l’ordre et le bon goût. Mère de dix-neuf enfants, on imagine une organisation exceptionnelle pour que les réserves soient suffisantes, et que chacun collabore selon ses talents. La piété éclairée et la foi chrétienne ont alimenté toute sa vie. Au milieu de ses nombreuses occupations, elle trouvait encore le temps de réciter son « Rosaire », chaque jour. En égrenant des « Ave », elle obtenait lumière, force et courage pour continuer la route de la vie. Le Seigneur lui a accordé de mourir au milieu des siens, le 30 décembre 1956. Éphrem est décédé le 11 juillet 1964.

Depuis 1936, la ferme Magog est inscrite au concours provincial du « Mérite agricole ». Notre frère Jules et son épouse Rita Roy, devenus propriétaires en 1951, continuent la tradition. En 1981, avec 907 points sur 1000, la terre de 300 âcres, dont 200 en culture et 100 en boisé, se classe au cinquième rang, avec  une médaille d’or.

Toute leur vie, envers la famille comme en politique où dans leur milieu paroissial, nos parents se sont forgé une quantité fondamentale, la bienveillance. À cela s’ajoute une santé de fer, qui leur a permis de travailler ferme, sept jours sur sept.

Un autre siècle offre de nouvelles réalisations à des familles à venir, sur la terre ancestrale.

Les voix du souvenir : Madeleine, Carmelle, Lionel, Huguette et Claude.

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