Un capteur solaire pour sécher le fumier

Une première nord-américaine dans le domaine de la production agricole vient d’être réalisée dans la municipalité régionale de comté (MRC) du Haut-Saint-François en Estrie. En effet, Élevage et grains Gelé est la première ferme en Amérique du Nord à acquérir un séchoir solaire pour traiter le fumier de poule.

Selon Jean-Marie Bergeron, président du Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE), ce projet ouvre la voie à un ensemble d’interventions accessibles aux producteurs agricoles dans la gestion de l’énergie à la ferme. Le bâtiment situé plein sud est pourvu de panneaux solaires installés sur un emplacement d’environ 60 mètres de long. Un système de ventilation aspire l’air chaud provenant des panneaux et le distribue sur un convoyeur sur lequel circule le fumier, explique Christian Vachon, ingénieur spécialisé en énergie solaire et administrateur à l’Association des industries solaires du Canada (CanSIA). Le design du mur permet d’augmenter jusqu’à 30 degrés Celsius l’air ambiant. Ainsi à moins 20 degrés, on atteint 10 degrés, une température suffisante pour le séchage.

On dispose sur le séchoir le fumier humide à 66 %. Une fois déshydraté, il atteint un taux d’humidité de 15 %. Dans les meilleures conditions, le séchage complet du fumier nécessite environ huit (8) heures. Le système est en opération à longueur d’année sauf durant deux (2) semaines pour le lavage des bâtiments. Par temps froid, l’air se disperse en circuit fermé à l’intérieur des installations. En moyenne, on a droit à quelque 220 jours durant lesquels le soleil se pointe dans l’année. Par temps froid, on se sert d’un chauffage d’appoint.

La déshydratation rend le fumier plus léger et permet de l’ensacher, indique Mario Gelé, copropriétaire de la ferme. De cette façon, le fumier sent beaucoup moins et il devient alors plus facile à épandre sur les pelouses, jardins et arbustes. Le produit est distribué présentement dans trois points de vente et à la ferme.

Mars est le mois le plus propice pour ces équipements solaires. La neige recouvrant le sol contribue également à environ 20 % de la chaleur captée par les panneaux en raison de la réflexion quelle entraîne, ajoute M. Vachon.

Émissions de CO2 évitées
Le projet a nécessité un investissement de quelque 160 000 $. L’entreprise a bénéficié d’un remboursement de 25 % des coûts d’achat et d’installation par le biais du Programme d’encouragement aux systèmes d’énergies renouvelables (PENSER) de Ressources naturelles Canada. On estime éviter chaque année le rejet de plus de 50 tonnes de gaz carbonique (CO2) dans le cas d’une installation au gaz propane et plus de 60 tonnes dans le cas d’un chauffage au mazout. La ferme compte plus de 30 000 pondeuses qui produisent annuellement quelque 250 tonnes de fumier sec.

Estrie Zone Verte
Ce projet s’inscrit très bien dans la foulée de Estrie Zone Verte. Ce Mouvement parrainé par le CREE vise à promouvoir le sentiment de fierté et d’appartenance des citoyens à une région verte et à favoriser le dynamisme environnemental de ses différents acteurs. La Charte environnementale constitue un des éléments de ce programme. La région compte quelque 60 organisations Partenaires. Incidemment, l’initiative des propriétaires de la Ferme Gelé a été réalisée en collaboration avec la firme Enerconcept Solutions énergétiques, une organisation Partenaire Estrie Zone Verte. Cette réussite démontre une fois de plus que l’Estrie est une région d’avant-garde en matière d’environnement et de développement durable, conclut M. Bergeron. Cette activité était organisée dans le cadre de la Semaine provinciale de l’énergie sous l’égide du Forum énergie Estrie.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Conseil régional de l’environnement de l’Estrie (CREE)

http://www.abacom.com/~cree/




Commentaires