Une étable « Cathédrale »

C’est l’image qui m’est venue à l’esprit quand j’ai vu pour la premiere fois, le concept d’étable froide construite par Guy Caza et Claircy Gagnon à St-Anicet.

Ce principe est une première québécoise, une étable de 145 pieds de long, 102 pieds de large et 40 pieds de hauteur pouvant accueillir 150 vaches en semi liberté avec litières accumulées et serpentin d’évacuation des fumiers liquides; c’est cela que j’appelle une étable cathédrale parce que c’est tout simplement impressionnant.

En plus d’être impressionnant, c’est terriblement efficace, assez pour se demander pourquoi ce n’est pas plus répandu. Ce concept serait originaire d’Europe, et il en existe fait quelques exemplaires pas tout à fait semblable dans l’Ouest canadien et aux ÉtatsUnis.

Cette étable possède de nombreux avantages sur une étable conventionnelle, dite de vaches attachées.

Qualité de vie des animaux

  • Les vaches peuvent bouger en toute liberté et choisir quand manger, quand se reposer, quand être à l’extérieur ou à l’intérieur.
  • Elles ont toujours une litière propre et sèche.
  • Vivent dans un milieu avec peu de problème de mouches, très peu d’odeur, et pas de chaleur ou d’humidité excessives. (Curieusement, ces caractéristiques semblent aussi très appréciées de ceux qui soignent les vaches).

Qualité de vie du producteur

  • Ajouter quelques vaches dans une telle étable ne présente aucune difficulté et ne change pas de façon significative la routine de soin et de traite.
  • Pas de récurage, opération d’évacuation des fumiers une fois par année.
  • Facilité accrue de détecter les chaleurs des vaches.
  • Diminution de la durée des soins quotidiens de l’ordre de 20 à 25 %.
  • Quand à la salle de traite c’est apparemment une partie de plaisir pour tous ceux qui ont connu une étable de vaches attachées. Quand Guy et Claircy en parle, la traite ressemble plus à un loisir qu’à une corvée.
  • L’opérateur travaille debout avec les trayons à hauteur d’épaule. Les vaches sont organisées de façon à pratiquement éliminer les risques qu’elles causent des blessures. Finis les courbatures, les maux de dos et les coups de queue dans le visage. Pour traire 86 vaches cela prend 1 heure 45 minutes.

Qualité de vie du compte en banque

  • Pas de système mécanique sauf la salle de traite, d’où économie très appréciable d’énergie et d’entretien y compris les pannes qui surviennent le soir ou les fins de semaine (pas de mécaniciens, pas de pièces).
  • Pas de gaspillage de nourriture (elle est pratiquement toute consommée par les vaches).
  • Des vaches plus en santé, moins blessées, d’où économie de frais de vétérinaire.
  • Pratiquement pas de variations dans la production laitière à cause de la chaleur, de l’humidité ou du mauvais temps.
  • Augmentation de la production laitière de l’ordre de 10 à 12 %.

Au chapitre des inconvénients
Il y en a deux d’identifiés actuellement :

  • Pour un producteur qui ferait beaucoup de vente de sujets, ce type d’étable n’est pas l’idéal pour mettre en valeur le produit.
  • Quoi faire avec le temps et l’énergie économisés ? Peut-être dépenser l’argent épargné !

Pour conclure Guy Caza et sa conjointe Claircy Gagnon seraient prêts à recommencer demain matin sans hésitation.

Les agronomes du MAPAQ envisagent de faire des expériences sur le projet et d’en faire un projet pilote.

C’est vraiment à voir, et chapeau à ce couple de producteurs laitiers qui ose innover. Ils sont de ceux qui font progresser l’agriculture C’est pourquoi ils sont heureux de faire une « Porte ouverte » qui se tiendra à St- Anicet au 1083 chemin Rivière à la Guerre (entre la montée Quesnel et le chemin des Planches) le 18 novembre de 10 heures à 16 heures. Tél. : (450) 264-2483.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/




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